La Vie secrète des mites

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lundi 23 juin 2008

Bon, ok, mais on était super jeunes

Ce billet est tout spécialement dédié à Nimwendil, Olivier et mon bien cher frère, qui savent pourquoi.

On reconnaît les fans masqués d'Highlander, la série, à l'émotion qui les trahit lorsqu'on évoque en leur présence Dust in the Wind, chef-d'oeuvre de Kansas, qui a servi de musique de fond à la fin d'un épisode tragique, tu sais quand Tessa elle meurt, et en fait on se rend compte que Richie aussi c'est un immortel : désormais seul dans son loft trop grand, le très viril Duncan aka Adrian Paul revit les plus beaux instants de sa relation avec la belle Française, ce dont le réalisateur nous fait profiter avec force fondus enchaînés et flous oniriques. C'est bon, vous cernez ?

Un jour, Olivier a retrouvé le clip de cette chanson qu'elle est tellement belle et triste, ce dont je lui suis éternellement reconnaissante. Highlander, c'était déjà quelque chose. Le clip est encore mieux.

Kansas - Dust in the Wind

L'histoire ne s'arrête pas là. Le matin, pour me réveiller comme il faut, j'écoute les pires trucs de la terre sur deezer.com, si possible en braillant les fenêtres ouvertes. Aujourd'hui, Holiday des Scorpions m'a semblée idéale, d'autant qu'on en parlait encore avec Nimwendil l'autre soir, comme ça arrive régulièrement quand on boit trop tous les deux. Et que n'ai-je pas trouvé dans la liste (très longue) des titres de Scorpions dispos sur deezer ! Si vous êtes malins et catastrophistes, vous avez deviné. Ils l'ont fait. Still loving you et Wind of change, c'était pas assez, alors un jour ils ont repris Dust in the wind. Ils ont vraiment peur de rien. Et comme je vous aime beaucoup, voilà la chose.

Scorpions - Dust in the Wind

Maintenant allons tous ensemble nous laver les yeux et les oreilles avec de la soude.

EDIT : Olivier a encore frappé, et a trouvé sur Youtube la vidéo de la fin de l'épisode, pour celles et ceux qui veulent découvrir ou revivre ce moment fabuleux.

samedi 14 juin 2008

Merci Myung-Whun Chung pour cette belle soirée

Je n'ai pas l'intention d'en faire trouze mille mots, mais le concert d'hier soir m'a laissée par terre. Je mets très rarement les pieds dans des salles de concert, et celui-là je l'avais choisi pour les pièces et le chef : le Concerto pour violon de Sibelius et la Symphonie No 4 de Brahms, deux pièces que j'aime beaucoup, surtout la deuxième, c'est une vieille histoire entre elle et moi.

Et puis aussi c'est pas souvent qu'à Paris on peut voir des chefs comme Myung-Whun Chung qui est formidable. Le violoniste aussi, Nemanja Radulovic, le jeune et abondamment chevelu prodige serbe au 46 prix (dont une prestigieuse Victoire de la musique classique :p), est drôlement doué. J'ai l'impression qu'il lui a fallu un mouvement et demi pour vraiment rentrer dans le truc, mais je ne lui en tiendrai pas rigueur vue qu'après il m'en a foutu plein les oreilles et qu'il a l'air vachement sympa comme bonhomme. Et ce n'est pas en comparant tous les violonistes à Anne-Sophie Mutter et Yehudi Menuhin que je vais faire progresser la musique.

Myung-Whun Chung

Mais cette Quatrième de Brahms. Whun Chung, oulala tu en as fait quelque chose d'incroyable. Du vrai grand Brahms, tendu, passionné, étreint, retenu, superbe. J'adore cette symphonie pour toutes les raisons que je viens de donner, et tu les as portées très haut. L'Orchestre philharmonique de Radio-France a vraiment eu l'air de te suivre avec un grand bonheur, un bonheur communicatif (personne ne voulait te laisser partir après une telle prestation).

Encore une fois, merci, cette interprétation a dépassé mes espérances.

mercredi 11 juin 2008

Mystère de la poésie à l'américaine

Il y a une jolie chanson que j'aime beaucoup, All the night without love d'Elvis Perkins. Ce jeune homme fait de la nouvelle scène américaine, vous savez, le genre de gars qui raconte qu'il a commencé dans un garage, qu'il a fait les petits clubs, tout ça, c'est une aventure avec des potes, et c'est tellement beau New York la nuit, et faire 2000 bornes tout seul sur des routes désertes, ça c'est la vraie vie, parce que la beauté, tu vois, elle est partout. Le genre de gars, quand il est interviewé dans des magazines de rock trendy en anglais, y a une belle photo avec du grain, un mur de briques derrière, un escalier en fer, un chien qui passe, il regarde pas l'objectif et on dirait qu'il s'habille que dans les friperies (je parle pas du chien, là).

Ecce la chanson.

Le problème, c'est que je comprenais environ rien du tout à la chanson, sauf le dernier couplet, que je trouvais très joli, et qui participait beaucoup à la présence récurrente de ladite chanson dans mon lecteur. Finalement, j'ai été chercher le texte sur un site, et là j'ai compris. En fait, je comprenais le texte, mais c'était tellement nimp que je pouvais pas croire que je comprenais.

We walked the aisles aimlessly
With our kills painlessly
And we go all the night without love
In the darkened lonely corners
Where we place our drive-thru orders
And we go all the night without love
Without love

"Touch me" the graphic reads
On the magnetic athletic insole
She lets it go all its life without love
And can you imagine going to
“Got milk? dot com”
Do you go all the night without love
Without love

Well I once caused your cells to shimmer
And you once caused my cells to shimmer
Now we go all the night without love
Without love…

En fait, si le début me semblait cryptique mais sans plus, j'ai commencé à tiquer sur "magnetic athletic", en me disant que c'était le signe indubitable d'une tentative de poésie à l'américaine (entendez, j'emploie des mots compliqués parce que je réfléchis, tu vois je crois pas tout ce qu'on me dit à la télé). Mais j'espérais que le texte me donnerait la clé de ce deuxième couplet en me disant ce qui était magnétique et athlétique. Déception. Et plus ça va, pire c'est. J'ai même été voir gotmilk.com pour avoir la révélation. C'est un très joli site en flash qui dit que le lait, c'est bon pour la santé, et que c'est des vaches qui le fabriquent.

À ce moment précis, j'ai totalement renoncé à comprendre le sens de cette chanson. Peut-être que Raph y arriverait, il est très fort pour ça. Je continue d'écouter All the night without love, mais maintenant ça me plonge dans la perplexité. Je dois être totalement hermétique à la poésie urbaine à l'américaine.

jeudi 5 juin 2008

Polices et typo sous Linux (et ailleurs aussi)

Quiconque a utilisé autre chose que Linux — au hasard, Windows ou MacOS — est bien obligé d'avouer que s'il y a bien un truc qui n'est pas au point dans les OS libres, c'est le traitement des polices, autant dans l'interface que dans les applications. Pourtant, en insistant un peu, il est possible d'obtenir des résultats assez corrects, voire atteindre l'émerveillement et cesser de faire son Caliméro en contemplant la finesse de l'anti-aliasing de Lucida Grande sur le Mac de votre voisin. Retrouvons le goût de jouer avec les fontes sur notre OS favori.

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lundi 19 mai 2008

Retrouvailles

Depuis mon déménagement, ma collection de CD (composée en grande partie de la précieuse discothèque d'Esther sur laquelle je veille comme une poule sur ses chatons) était soigneusement rangée dans des cartons, non moins soigneusement empilés dans le salon-chambre-cuisine. Je me disais régulièrement "Ah j'écouterais bien ça, ah mais non mais c'est dans le cartoooon". Et j'écoutais autre chose. En gros, le peu qu'il y a sur mon disque dur. Et il y a eu la fois de trop.

J'ai donc déballé et classé par ordre alphabétique puis par genre puis par date les disques qui dormaient, et j'ai écouté, coup sur coup, la Fantaisie en Fa mineur de Schubert, le Gloria de Poulenc, le Stabat Mater de Pergolèse et le Te Deum de Penderecki. Des pièces que je n'avais pas écouté depuis longtemps, voire des années. L'impression de retrouver un trésor.

O grave, where is thy victory - Jan Toorop

Et là, je réécoute enfin Das klagende Lied de Mahler, par Simon Rattle. C'est sans doute l'une des pièces les moins connues de Mahler, une oeuvre de jeunesse composée avant la Première symphonie, Titan et son célèbre sampling de Frère Jacques. En fait, je trouve vraiment dommage qu'on l'oublie comme ça. La plupart des intégrales la mettent de côté (sauf l'intégrale de Rattle), ça n'arrange pas les choses. Pourtant, cette cantate — un conte de fée écrit par le compositeur lui-même — pour choeur, orchestre, soprano, mezzo-soprano, ténor et baryton contient déjà beaucoup de ce qui rendra uniques les symphonies à venir. Mahler disait lui-même que c'était « la première oeuvre dans laquelle [il est] devenu "Mahler" ».

Donc, si vous aimez Mahler, prenez le temps d'écouter Das klagende Lied en lisant tranquillement le livret sans tricher, parce que c'est un très beau conte. On trouve surtout la version de Rattle (mais Chailly l'a enregistré aussi), elle est excellente (et la pochette est vraiment très jolie, ça ne gâche rien).