Prise d’otage programmée

Un groupuscule privilégié va une fois de plus tenter de prendre la France en otage, empêchant de se rendre à leur lieu de travail tous ceux qui sont conscients de la chance qu’ils ont d’avoir un emploi dans la difficile conjoncture actuelle, et moi, gauchiste aveugle, idéaliste, bien-pensante et — c’est pire que tout — parisienne nourrie au bio et à l’équitable, je me joins à eux dans l’allégresse et reprends les slogans appelant à la paralysie de notre économie.

Je suis bien plus privilégiée que n’importe quel agent de la fonction publique, je suis indépendante. Je suis à la tête d’une entreprise individuelle auto-gérée. Quand je choisis de passer l’après-midi dans les rues plutôt que devant mon ordi, je ne perds pas un centime. Le travail que je ne fais pas à ce moment-là, je l’ai déjà fait, ou bien je le ferai plus tard. Je ne risque pas d’irriter mes supérieurs, je n’en ai pas. Je ne crains pas de me faire licencier abusivement pour une faute professionnelle fictive. Au pire, mes clients habituels s’agaceront un peu, mais au final c’est plutôt une bonne chose, j’aime bien leur rappeler régulièrement que je ne suis pas leur employée. Mieux encore : je n’ai rien à craindre d’une grève des transports.[1] Je travaille chez moi. Je vis à Paris. Si je prends le métro, c’est par flemme, ou parce que je suis en retard.

Mais qui suis-je alors pour parler ? Moi qui n’ai rien à craindre quand l’économie se casse la figure ? Moi qui ne passerai pas quatre heures de ma journée à attendre des trains bondés, et qui n’aurai pas à essuyer les reproches d’un supérieur qui s’en fout complètement puisqu’il vient au bureau en BMW ? Moi qui ne me demande pas quoi faire des enfants que je n’ai pas quand les instits se mettent en grève ?

Et puis, au nom de quoi est-ce que je me prétendrais solidaire de gens dont je ne partage pas la réalité ? Je ne suis pas syndiquée, je ne suis pas aux prises avec une hiérarchie, mon travail est tout sauf pénible, je ne crains pas les fermetures d’usine, je gagne bien plus que le smic — et si je travaille plus, je gagne plus.

Bref, je suis si privilégiée que c’en est indécent. J’irai même jusqu’à dire que je dois cette position enviable à mes efforts, mes semaines de 45 ou 50 heures, beaucoup d’abnégation (l’essentiel de ce que je traduis est chiant comme la pluie, je le rappelle), mon mérite, en somme (applaudissements de l’aile droite[2]).

Et c’est justement pour ça que je me joins aux manifestations.

Tous ceux qui ont écopé de la masse d’emplois sans intérêt, épuisants, et néanmoins indispensables pour faire tourner le système actuel, ceux-là qui ne peuvent pas se permettre une journée de grève parce que leur salaire est déjà insuffisant, ils méritent plus que les autres de prendre leur retraite le plus vite possible.

Tous ceux qui travaillent dans le privé et subissent les grèves des transports en se plaignant d’être pris en otage, parce qu’on leur a fait oublier que le droit de grève, c’est aussi leur droit, tous ceux qu’on manipule par la précarité de leur emploi et la peur du chômage, à qui on fait croire que dans le tertiaire privé, « ça ne se fait pas », ceux-là qu’on appelle vertueux et que l’on dresse contre les grévistes irresponsables, pour les rassurer, les encourager à rester de bons salariés, ceux-là aussi méritent de prendre leur retraite en temps et en heure après avoir donné des dizaines d’années à des entreprises qui manquent tant de considération pour eux qu’elles en piétinent les droits les plus élémentaires.

Je me joins aux prétendus privilégiés[3] qui peuvent encore faire vivre ce fondement essentiel qu’est le droit de grève, par solidarité avec eux, et avec tous ceux qui pensent être déchus de ce droit. Le gouvernement s’attache, entre autres choses peut-être plus graves encore mais ce n’est pas le propos, à dissoudre le Code du travail dans les fantasmes de flexibilité du Medef. Aujourd’hui, on cause retraites. Mais plus largement, on s’en va vers une précarisation du travail qui rendra impossible toute initiative de contestation. Et c’est un cercle vicieux : plus le Code du travail sera abîmé, et moins il sera possible de se dresser contre cette évolution. Il est urgent de rappeler au gouvernement et à tous ceux qui pensent que ce sont les chefs d’entreprise qui produisent les richesses, qu’en réalité ce sont les millions de salariés qui font tourner le système, et que sans ces millions de têtes et de paires de bras, ils ne sont rien. Tandis que l’inverse… c’est une toute autre histoire.

PS : À des fins purement documentaires, un extrait de l’édito de Franz-Olivier Giesbert dans Le Point du 7 octobre :

Jadis, nous naissions anciens combattants. Aujourd’hui, nous sommes grévistes de père en fils. Surtout là où l’emploi est sûr, comme à la RATP, à la SNCF ou à Marseille, où les dockers font tout pour naufrager leur port […]. C’est pourquoi tant d’entre nous tiennent comme à la prunelle de leurs yeux à la retraite à 60 ans. Que nous soyons seuls au monde à la conserver, c’est bien la preuve qu’une fois encore, nous avons raison…

Non rien, c’est tout.

  1. Ok, ça tombe pendant Paris-Web. Mais si vous regardez bien, Paris-Web c’est à 30 minutes à pinces de la Défense, et je doute que la Défense soit totalement inaccessible pendant les grèves. [retour]
  2. Ne leur dites pas que c’est par dégoût spontané et profond pour le monde de l’entreprise que je me trouve si bien à ma place.[retour]
  3. Le savais-tu ? Selon la police, 63,4% des villas de Saint Tropez sont des résidences secondaires de cheminots. Les enseignants, eux, préfèrent les rives du Lac Léman. [retour]

Commentaires

1. Fernand, le 8 oct. 2010

Eh bé… Ça fait du bien de lire ça :-)

2. papillon41, le 9 oct. 2010

Comme cela est bien dit.
Comme cela est juste.

3. gilda, le 9 oct. 2010

D’accord avec le commentateur précédent. En plus que tu l’écris tellement bien.

En fait toute l’habileté politique des dernières années a consisté à faire croire à chacun qu’il était du côté des “gagnants” et que les revendications du bas peuple encombraient. Ce qui fait que tant de gens et se font avoir (ils y repenseront trop tard à la veille de leur 60 ans, s’ils ne se retrouvent pas versés au chômage avant ?) et râlent pis que pendre après ceux qui tentent encore de ne pas se laisser tondre et de se faire entendre. La grève restant un moyen de le faire quand des négociations censées sont refusées.

4. Jean, le 9 oct. 2010

C’est plutôt un groupuscule “de” privilégiés. Sinon même chose pour moi.

5. Trétrézénervé, le 9 oct. 2010

Ben non moi je trouve que tu as tort.

Pour venir au sujet initial, la grève est devenue une habitude. Je prends les transports tous les jours et je ne peste même plus contre la SNCF, je regarde les horaires du service minimum et voilà tant pis si je dois me lever 10 min plus tôt parce que y’a des wagons d’idiots qui font un caca nerveux à la société qu’est vraiment trop pas juste avec eux. Je ne fais même plus attention, je subis passivement le trajet dans le train où l’on est parqué comme du bétail (parce que c’est tellement plus drôle de mettre 4 voitures au lieu de 8 un jour de grève), j’attends le temps qu’il faut sur mon quai. Je ne me plains pas. J’en ai juste profondément rien à foutre.

Tous ceux qui ont écopé de la masse d’emplois sans intérêt avaient le choix. On choisit son travail, comme on choisit ce qu’on veut faire de sa vie, et si on a délibérément pris un métier pénible, c’est que probablement on était pas capable de réfléchir pleinement aux conséquences, et donc probablement pas de penser à la retraite non plus. Pourquoi récompenser les inconscients ?

Surtout, donner la retraite à quelqu’un qui a gagné le smic toute sa vie, n’a pas un sou de côté, et qui va faire rien du temps libre qui lui est gracieusement payé par la société, enfin si peut être prendre un microcrédit exorbitant afin de se payer une nouvelle télé pour pouvoir regarder TF1 en HD.

Je suis jeune, je ne travaille même pas encore et un mec de 55 ans environ essaye de me convaincre de défendre ma retraite. Celle que j’aurai dans 45 ans, si d’ici là c’est encore d’actualité ?

Ah, non, de défendre sa retraite à lui. Car si on gagne sur cette réforme là, c’est sûr, j’aurai le droit moi aussi de partir à 60 ans à la retraite. Ben oui quoi, je suis bien citoyenne aussi, et quand ça sera mon tour d’avoir 40 ans et qu’on m’annoncera que je dois travailler non plus 20 mais 21 ans, je m’exclamerai alors moi-même “MAIS J’AVAIS PAS PREVU CA, C’EST INADMISSIBLE !”. Car bien sûr ça sera immuable, gravé dans la pierre, que qu’il pleuve vente ou grêle, les français auront la retraite à 60 ans.

De défendre sa retraite à lui, la cinquantaine bedonnante, un jean délavé et ses mains courtes et dodues envahissant mon espace vital en essayant de me refourguer un des précieux papiers de la révolution en marche. Pour que comme ça quand je serai pour la première fois salariée je paye sa retraite, à lui et à tous ces babyboomers pour qui travailler quelques mois de plus était apparemment chose inadmissible ; ils n’en pouvaient plus d’attendre pour aller se ratatiner devant TF1 dans leur HLM de banlieue. Pour que comme ça, dans 20 ans, je paye avec mes impôts les maisons de retraite dans lesquelles on les hébergera, les services à la personne dont ils auront besoin sans pouvoir se l’offrir, et leur retraite, à un taux relativement constant s’il vous plait. Pour que je paye pour les régimes spéciaux qui souffrent tellement de leur statut de fonctionnaire. Pour que je paye la retraite d’une génération qui n’avait pas besoin de faire d’études pour grimper l’échelle sociale, qui ne s’emmerdait pas de considérations écologiques et pour qui l’économie était un paramètre qu’on avait même pas à considérer. Pour que je paye la retraite de mes aînés par solidarité sociale, moi et mes confrères qui sont déjà en train de se taper sur la gueule au nom de l’identité nationale, pour savoir qui est français et qui aura donc cet honneur.

Je vous dis merde. Vos protestations ne me touchent pas, et je compte d’aucune façon m’y joindre.

Suum cuique.

6. Mitternacht, le 10 oct. 2010

Trétrézénervé,

(Tu permets que je sois polie avec toi en te tutoyant, comme tu as été incorrecte en me vouvoyant ça équilibre).

Ça a vraiment l’air sympa le monde où tu vis. Alors comme ça, tout le monde a le choix ? Classe. Tu veux dire que si les gens réfléchissaient un peu au lieu de se lancer dans la première carrière de tourneur-fraiseur venue, ils choisiraient tous de faire des études intéressante, et ils pourraient être vulcanologue ou photographe animalier.
Dans ton monde, si les gens réfléchissaient, il n’y aurait personne à la caisse de ton supermarché, personne pour nettoyer les rues et ramasser tes poubelles, personne dans les usines de transformation alimentaire pour que tu puisses manger de la piémontaise en barquette, et j’en passe.

Ton monde ne fonctionnerait pas très bien. Ces emplois sont *indispensables*. Je vais t’expliquer comment fonctionne le choix, c’est très simple.

Imagine qu’il reste 10 viennoiseries dans une boulangerie. Il y a 12 clients qui rentrent.
Déjà, c’est certain, 2 n’auront rien à bouffer.
Celui est arrivé le premier parce que son père l’a déposé avec son Audi fait main basse sur le croissant aux amandes.
Les trois jeunes du lycée général d’à côté se tâtent un peu avant de se partager les pains au chocolat et les pains aux raisins.
C’est maintenant au tour des six collégiens qui viennent de banlieue, et que la boulangère fait patienter parce qu’elle s’en méfie un peu. Ceux-là auront le choix entre de la viennoise et de la viennoise au chocolat. De la veille.
Le truc, c’est qu’il n’y a jamais eu de croissants aux amandes pour tout le monde. Donc ton histoire de choix, elle est biaisée dès le départ. Sur le plan strictement logique, ton histoire de choix ne tient que si, techniquement, tout le monde peut faire le même. Tu as sans doute fait des probabilités au lycée : la question est toujours de savoir si on remet la boule dans le sac ou non avant de faire le tirage suivant.

Le discours que tu tiens, très chère, est — ça va te vexer, je m’en excuse à l’avance — fort stéréotypé. Il est typique d’une certaine catégorie de personne qui a eu assez de chance pour avoir le choix, mais ne se rend absolument pas compte que c’est une chance justement, un privilège. Tu es tout simplement déconnectée d’une certaine réalité.

Parce que dans mon monde, les gens ont le choix, mais ils n’ont pas tous les mêmes. Il y a des tas de coins en France, pas très reluisants, qu’on appelle des cités, et dans les collèges desquelles on demande aux filles si elles veulent être coiffeuses ou esthéticiennes, et aux garçons s’ils veulent être boulangers ou mécaniciens. Pour eux, le choix ne va pas plus loin. C’est une chappe de plomb, et il faut énormément de soutien et de détermination pour la soulever.

J’ai aussi cette copine qui, elle, après avoir atteint ses 18 ans et raté son bac parce qu’elle avait perdu sa mère cette année là, a eu le choix entre l’usine et l’usine. Son père ne voulait pas la nourrir à rien foutre.

Donc là c’est pas de sa faute, c’est celle de ses parents, qui sont respectivement mort et pas très cool. Flûte. J’ai oublié de te dire, l’usine où elle bossait était assez pleine de gens dans la même situation (rassure-toi, il n’y a pas eu d’hécatombe de mamans cette année-là, je parle juste du choix).

Tu dis que donner une retraite précoce à des gens qui ont choisi un travail pénible parce qu’ils étaient incapables de penser aux conséquences, c’est « récompenser les inconscients ».
Dois-je en déduire que tu as une foi sans faille en ta propre capacité à penser aux conséquences ?
Non, j’en déduis que tu n’as jamais été contraint de faire au mieux, à court terme. Les gens qui ont un emploi pénible ou pas très drôle n’ont, effectivement, pas pensé à ce que ça leur ferait dans 20 ans. Ils avaient un loyer à payer et un frigo à remplir là maintenant tout de suite. Je suis bien placée pour le savoir.

Là où je décroche (c’est-à-dire que je ne vois plus la logique), c’est quand tu dis que c’est débile de donner sa retraite à un smicard qui n’a pas un sou de côté, et blabla TF1 télévision HD. Je te le dis poliment hein, mais tu mérites un bon gros coup de pied dans le derrière. Punir des gens qui ont fait un boulot mal payé pendant 40 ans, c’est vraiment très con comme idée. Mention spéciale à ton cliché sur le smicard décérebré qui dépense son argent n’importe comment (en même temps tu viens de m’expliquer que c’était de sa faute s’il était pauvre). J’imagine que toi tu es riche, cultivée et très intelligente. C’est bien. Il ne te reste plus qu’à devenir lucide et tu seras fréquentable.

Chère madame, nous vivons dans une société fort inégalitaire, et si les privilégiés comme toi (tu fais des études sans travailler manifestement, c’est un privilège dans la vraie vie) se donnaient au moins la peine de ne pas porter de jugements pleins de mépris sur les moins chanceux, ça rendrait le tout un poil plus vivable. Tu penses sans doute ne devoir qu’à toi et à tes parents méritants les choix judicieux que tu fais aujourd’hui. Sache que ta part là-dedans est bien plus maigre que tu ne le penses. Tu es aussi, pour une grande partie, le produit de nombreux facteurs sociaux pour lesquels tu n’as aucun mérite puisqu’ils sont liés au hasard de la naissance.

Ton mode de vie et ton confort dépendent directement du travail de milliers de smicards, ne l’oublie jamais. Un tout petit peu d’humilité devant ceux qui bossent pour toi, dans l’ombre, et voudraient bien s’arrêter au bout d’un moment. Ils auront mérité la retraite que tu leur paieras par ton travail.

(Et j’irai quand même manifester pour toi.)

7. Mitternacht, le 10 oct. 2010

Jean > Pour le groupuscule (de) privilégiés, sache que j’ai d’abord mis le “de”, puis je l’ai enlevé après mûre réflexion, mais là j’ai totalement oublié de quelle réflexion il s’agissait ^__^

8. michel v, le 10 oct. 2010

On s’en fout de la retraite, jusqu’à ce qu’on arrive à 50 ans et qu’on ne retrouve plus de travail parce que les entreprises n’embauchent pas de vieux, (où « vieux » = plus de 40 ans) et ce même après une vie de cadre compétent(e) et reconnu(e) dans son domaine.

C’est quand même beau d’être aussi jeune et insouciante que notre étudiante.

Rendez-vous dans 35 ans, quand vous aurez été virée pour vieillesse, que personne ne voudra de votre arthrose, que vous n’aurez plus devant vous que 15 années de chômage avant la retraite …et que des étudiantes, comme vous en ce moment, ne connaissant rien au marché du travail, vous diront d’aller vous faire voir.

9. Mitternacht, le 10 oct. 2010

Michel, je suis jalouse de ton esprit de synthèse. Bisous.

10. Trétrézénervé, le 10 oct. 2010

Votre réponse ne m’a pas déçue, je dois dire. Parce qu’elle est intéressante, tout en m’assurant que j’ai bien eu l’effet escompté.

Je ne suis pas stupide (ou ancrée dans mes préjugés, je vous laisse le choix) au point d’ignorer que tout le monde n’a pas eu ma chance, et que mes privilèges sont en grande partie dus à des facteurs sociaux que je suis loin d’ignorer, puisqu’ils sont en particulier (car c’est fondamental) dus à mon éducation scolaire, où j’ai eu la chance d’obtenir un traitement privilégié.

Je vais m’attarder sur ce point puisque ça peut être intéressant et ça va rejoindre ce que vous avez dit, je vais même vous pointer point par point là où vous pouvez attaquer et finalement démontrer que je ne suis qu’un sale produit de l’élitisme français. Je parie que ça vous en bouche un coin vu que vous deviez m’imaginer que cette petite merdeuse/impromptue/bourgeoise , que je n’avais, moi ô combien prétendument intelligente, jamais réfléchi sur l’origine de ma condition. Ca va être une bien longue démonstration pour pas grand chose, hormis peut-être vous assurer, prêtresse de la compassion, que votre message tout au fond de moi là où je n’irai jamais le chercher, je le connais déjà.

// Je précise que je force certains traits, pour un effet comique mais surtout parce qu’ils sont révélateurs et que je suis certaine que mon lectorat réduit mais éclairé saura saisir la dimension de ces suggestions au delà de mes maigres propos. Et je suis désolée d’imposer mon propre exemple, mais c’est de loin celui que je connais le mieux (et qui m’a inculqué ma façon de penser complètement inadmissible)

Je suis née il y a moins d’une vingtaine d’années (histoire de resituer que je ne suis qu’une post-adolescente idiote qui ne connaît rien de la vie en plus d’être irrespectueuse envers ses aînés), dans une famille correcte. Unique fruit (hé oui fille unique, on a une certaine propension à l’égoïsme paraît-il, autant entretenir les légendes urbaines !) d’un second mariage entre un petit ingénieur et une employée normale. Le milieu est donc corrélé : mes parents se sont occupés de moi quand j’étais jeune, m’ont appris à lire, à faire du vélo, m’ont envoyée au lit à des heures fixes, ont imposé des lois, entre autres le respect (si, si…). Chez moi, on mange de la “vraie” cuisine, on a un accès à la culture aisé, il n’y a pas de presse (à mon plus grand dam) mais des livres (très moyens ceci dit mais c’est toujours ça) et une bibliothèque communale, des films parfois même vieux vu l’âge avancé de mon pater (déjà retraité pour sa part) et on a internet depuis ses débuts, mon père ayant rapidement travaillé sur ce nouveau support. Mon immeuble est dans une résidence très banale, sans être HLM ni grand standing, du début des années 80 en ville nouvelle. Ville qui d’une façon générale reflète bien un schéma moyen socialement : le père cadre, la mère employée ou mère au foyer, 2 ou 3 enfants, un petit pavillon en banlieue avec le jardin dont on rêvait tant pour les barbecue. Mes parents m’ont toujours emmenée en vacances à la mer, dans la maison de famille ou bien sur le voilier de mon père. A ce point, je suis plutôt clairement du bon côté de la chose.
Je vais donc tout naturellement à l’école la plus proche de chez moi, où je rejoins des enfants de même condition que moi. J’ai toujours aimé l’école, apprendre des choses, assouvir ma curiosité… et j’ai eu cette chance d’y être plutôt douée. C’est ainsi que mes parents m’ont fait passer un concours. Je suis donc entrée en CM2 dans un établissement scolaire public, sans frais, mais rassemblant les meilleurs gamins du coin, issus du même contexte social, certains même franchement riches, et beaucoup d’un milieu culturel bien plus diversifié que le mien. J’en suis ressortie avec le bac naturellement, mais surtout avec 8 ans de décantation dans une école où le chahut et les cancres n’existent pas, où tous mes camarades lisaient pour leur plaisir et pratiquaient un instrument chaque soir.
Alors là ça y est je commence déjà à plus trop trop être dans la réalité, je sais. Certes, j’avais moi même des activités extrascolaires qui me ramenaient à la dureté du monde (passage larmoyant). Sans parler de la zone sensible attenante, genre avec des cités, des beurs et des blacks et tout, hé ouais j’en ai déjà vu dans ma vie moi madame, même que j’ai pas changé de trottoir, j’ai pris sur moi et tout.
Un truc amusant c’était de revoir mes amis de primaire récemment, grâce à facebook outil magique. On ne vit plus vraiment dans le même monde pour la plupart d’entre eux, et c’est probablement dans le leur que j’aurais fini sans mon wonder-bahut, moi qui à 8 ans rêvais de soirées pyjama, d’être abonnée à fanclub, et d’avoir un petit ami — rires étouffés.
Et last but not least, je suis actuellement en cpge, classes préparatoires aux grandes écoles. Pour être honnête, car je pense que le fait de préparer des écoles prestigieuses m’attribue l’étiquette “capitaliste en devenir”, la prépa est vraiment en deçà de mes espérances. Je ne m’en rends compte que maintenant, vu qu’il fallait un peu de recul, mais le lycée m’a bien plus habitué au monde étrange qui m’est propre que la prépa. Et de loin. mais j’ai découvert à ma plus grande surprise que la prépa était finalement beaucoup plus hétérogène que j’aurais cru. Et que les gens de ma classe n’ont jamais fichu les pieds au musée/au ciné/lu un vrai livre. Imaginez donc bien que si je suis si hargneuse désormais, c’est que de me retrouver dans un tel milieu fut une révolution complète de mon monde ; quoi ? je ne suis plus avec les exceptionnels des meilleurs du top de la crème de la cerise du gâteau ? je baigne dans l’ignorance ?
Afin de reconquérir ma gloire perdue, j’espère fortement intégrer les écoles normales supérieures, pour peut-être, un jour, être prof et pouvoir dire qu’au moins j’aurais essayé d’en sauver quelques uns… avant de retourner dans le corps de la recherche et vivre définitivement dans un monde parallèle, dans un laboratoire obscur, œuvrant (paradoxalement) pour le bien être et l’évolution technologique de ces concitoyens que j’exècre profondément.

// fin des clichés ridicules.

Voilà. Je pense qu’il est désormais clair que non, je ne me félicite pas outre mesure ni mes parents pour la chance que j’ai aujourd’hui. Je ne compte pas spécialement me blâmer pour la vie que je mène, qui n’a rien d’extrême contrairement à ce qu’il serait plaisant de croire. Ni pour autant défendre la cause d’à n’en pas douter illustres inconnus. Je suis quelqu’un d’assez, non que dis-je, de très pessimiste, et je ne fais pas confiance aux autres. Aussi bien de l’ordre d’un proche que d’une population entière. Je fais partie des gens qui pensent que l’homme est fondamentalement mauvais (en étant moi même la preuve à une certaine échelle). Je tiens le travail en haute estime, peut être est-ce un tort par les temps qui courent où l’argent obtenu sans effort est beaucoup plus apprécié que celui fruit d’un labeur. Mais ce dont je suis persuadée, et c’est là toute notre différence, c’est que on pourrait donner à chacun les mêmes chances, on aurait pu faire des milliers de copies de moi (vu que j’ai un culte de ma propre personnalité apparemment démentiel), y’en a quand même la majorité qui en aurait rien eu à foutre. Comme ça, exactement comme ça vu qu’apparemment les mathématiques sont une référence : http://bit.ly/cGq5Gw. Voilà la répartition sociale qu’on obtiendrait, admettant que je suis le milieu, que tout à gauche il y a les gens à la rue et tout à droite ceux en jet privé. Et pas une droite affine.

Je vous accorde volontiers que évidemment que si tout le monde avait la chance que vous, que je, que l’on a (eue), le monde serait un chaos total ou personne ne voudrait effectivement s’emmerder de travaux pénibles. C’est pourquoi il faut entretenir cette ignorance pour laquelle nous avons de toute façon une propension naturelle, et donc penser à la viabilité de l’ensemble de la société, et oui malheureusement c’est une pyramide, et oui si je mange du délicieux cassoulet en boîte je le dois à une petite chaîne de smicards, et que donc oui il faut conserver précieusement la main d’œuvre des travaux classés “pénibles”. N’étant pas spécialement vénale, oui c’est vrai que je pourrais peut être sacrifier quelques écus chaque mois au nom de l’égalité, car oui prendre sa retraite plus tôt quand on a un métier pénible, ça va limiter la propagation de l’inégalité au sein de la république française, c’est clair.
Et voilà le moment que je trouve complètement abominable : c’est que vous voudriez donc défendre les retraites, alors que vous savez très bien que c’est pas 6 mois qui vont contrebalancer tout le MAL qui les entoure (tiens ça fait pas mal quelques mots en majuscule ça me donne un air super moralisateur non ?), et aveuglés par ce microscopique gain, on entretient les gens dans leur condition finalement. Et ils ont des enfants qui font pareil etc. et c’est comme ça qu’on entretient les fondations de tout ce qui est élevé, tenant en équilibre sur le dos de gens qui soit ne se rendent pas compte de leur rôle fondamental, soient croient qu’en faisant une petite grève de leur recette ancestrale, ils vont faire comprendre qu’ils en ont marre d’être pris pour des cons et imposer leur prétendue égalité.
Pourquoi s’évertuer à cacher cette stricte vérité ? Vous croyez vraiment que votre participation va être révélatrice ? Ce qui est sûr c’est que ça soulagera votre conscience durant les rares instants où vous êtes confrontée à cet esclavagisme moderne, quand la caissière fripée vous rend votre monnaie, que vous croisez le regard du vieux noir du service de nettoyage qui se penche pour ramasser les mégots que les gens jettent au sol. Vous vous direz que vous vous battez pour eux. Je préfère la culpabilité, c’est bien plus salvateur.

Et si vous vous révoltez carrément pour l’égalité stricte entre tous, allons bon, ça fait combien de temps que ce genre d’idées a disparu en substance de nos sociétés, ce qu’on cache en les faisant apparence ultime ?

Je sais parfaitement que je passe pour la grosse conne de première classe. Je suis complètement exécrable, je l’admets platement. Mais j’aimerais que vous considériez que derrière tout ce que je raconte, c’est mon avis honnête et franc, parce qu’on est sur un blog que j’ignore tout de vous et réciproquement, et que les gens, par pitié, arrêtent de considérer que ça fait de moi cette personne abominable qu’on croise tous les jours dans la rue. J’ai assez de tenue pour savoir comment me comporter avec tous ces autres. Je ne crie pas dans les oreilles des ouvriers ce que je raconte là. D’une part car ça ne serait pas cool sans pour autant changer les choses, et d’autre part car mon ressentiment principal à leur égard, c’est une sortie de pitié digne.

Enfin, j’ajouterai que si mon discours était aussi radical, c’est que les gens abondent dans votre sens, somme toute très consensuel vous ferais-je remarquer, car quand je joue la bourgeoise hautaine afin de vous faire sortir de vos gonds, vous mimez la gauchiste qui pense tant à ceux qui n’ont pas eu de chance à la perfection. Mais c’est instructif de recevoir des leçons, donc j’aime agir dans l’exagération.

(et la case pour taper le commentaire est bien étriquée… peut-être car c’est rare qu’il y ait de telles élucubrations ? :) )

11. Trétrézénervé, le 10 oct. 2010

@michel v
Je prends mes précautions, ne vous faites pas de souci pour ça, j’ai une haine invétérée du monde de l’entreprise, mais consciente qu’il faudra bien que je travaille un jour, je cherche fervemment une planque :)

Quant au problème de l’embauche pour les “vieux”, je le déplore également, et il est d’ailleurs très regrettable que en France la réinsertion soit si difficile. C’est dû en partie au fait que les gens font encore aujourd’hui la majorité de leur vie professionnelle dans un nombre d’entreprises restreint. Le marché du travail est bien moins souple ici que chez nos voisins anglo-saxons ou allemands par exemple, où l’on peut rester quelques années tout au plus dans une entreprise et la quitter sans avoir la peur de ne pas retrouver de travail. Car l’embauche est difficile car … Etc. C’est un cercle vicieux dont il faudra bien sortir un jour, ne serait-ce que pour s’adapter au monde contemporain.

12. Mitternacht, le 10 oct. 2010

Trètrèzenervée > Tiens c’est marrant on a le même parcours. Mais j’ai jamais tiré ni honte ni fierté d’avoir fait une prépa.

Aussi, ne mets pas de mots dans ma bouche s’il te plaît, je ne t’ai pas traitée de merdeuse. J’aime pas trop cette technique de victimisation. Tu n’es certainement pas une personne abominable — je n’aurais pas pris la peine de te répondre. Par contre, je suis convaincue qu’il te reste des tas de choses à découvrir, et que ta vision du monde est un chouille limitée.

Sinon, ben, pense ce que tu veux, vois ce que tu veux, je n’y peux pas grand chose. Deviens prof et essaye de sauver tes prochains par la toute-puissance de la culture, je te souhaite bien du plaisir.

Un dernier truc : la culpabilité plutôt que l’action, c’est totalement débile. Se sentir coupable et se flageller sans rien faire, ça donne bonne conscience. Moi je ne me sens pas coupable (ou alors à un niveau métaphysique), parce que mon discours et mes actes sont, autant que faire se peut, conformes à mes valeurs.

13. Trétrézénervé, le 10 oct. 2010

Oh ben si tu connais je n’ai rien à ajouter. Je ne sais pas si de la honte ou de la fierté en transparaît, mais c’est très sincèrement aucun des deux… Seulement un ennui, une lassitude incommensurable pour ma part. Juste que c’est en général décrit comme quelque chose d’élitiste, ce que je trouve complètement faux, et que ah bref je voulais pas que ça soit considéré comme un facteur d’un aussi déraisonnable comportement.

Et Merdeuse pas par victimisation, juste comme on parle de marmots comme de petits merdeux…

14. michel v, le 10 oct. 2010

COOL STORY SIS.

15. NiKo, le 10 oct. 2010

Bon. Je vais pas me faire des potes, mais j’ai quand même envie de reconnaître à Mlle TrèsTrès un certain talent dans l’expression de son propos. J’avoues également reconnaître une partie de moi plus jeune dans ce ressenti, cette lassitude extrême d’un bruit sociétal en décalage flagrant avec la somme des enjeux et des actions réelles à entreprendre pour solutionner durablement les problèmes (lire : bruler l’Élysée, plafonner le revenu et interdire la Mondialisation. Haha, ouais, j’ai 16 ans dans ma tête, c’est cool.)

En tout cas j’ai plutôt envie d’encourager mademoiselle à écrire tout ça sur un blog à vocation cathartique et de se confronter au débat, avec toutes les joyeusetés polémiques qui rendent l’activité si sympathique (hein ?)

En plus, je vous fiche mon billet qu’autour d’un liquide houblonné ces querelles commentatoires ne seraient probablement plus (ou alors faudrait passer aux trucs forts, possib’).

Ah, sinon, pas taper, merci.

16. Abie, le 10 oct. 2010

@trétrézénervé
Arrête-moi si je te caricature ton point de vue, mais de ce que j’ai compris : tu essayes de dire que manifester c’est ridicule parce que c’est réformiste au lieu d’être révolutionnaire, et que si les gens protestent contre les inégalités, ils devraient se donner les moyens de les combattre autrement qu’à la marge.
Si c’est bien ton opinion, peux-tu préciser
si tu te places comme un observateur extérieur qui soulève juste un manque de cohérence chez quelqu’un d’autre, ou si tu partages la prémisse mais refuse de participer à un combat d’arrière-garde ?

17. Trétrékalm, le 10 oct. 2010

>Michel V Je te remercie, je pensais pas que mon roman te passionnerait autant. J’espère que je ne t’ai pas trop bouffé de ton précieux temps. :(

>Niko Merci de complimenter ma prose, ça fait plaisir (je comprends mieux l’intérêt d’un blog là *rires*) (non mais c’est une blague hein j’aime bien les blogs et j’aime beaucoup ce que mitternacht fait hein, simplement trop timide et honteuse pour produire moi même des choses). Par contre je suis pas trop trop pour tout renverser :p. En réalité en temps normal je ne me prononce jamais dans les débats politiques, estimant que je suis trop jeune et trop verte pour le faire. Et je me le suis confirmé cet après-midi haha :). Je n’aime malheureusement pas l’alcool, mais les querelles non plus, et étant loin d’être rancunière surtout pour des choses aussi inhérentes à la personnalité de quelqu’un, je préfère fréquenter des gens aux opinions les plus opposées aux miennes. Ca permet de se remettre en question aussi.

>Abie Quand c’est concis qu’est ce que c’est clair :) ! Je ne relève pas un manque de cohérence, simplement je soulève que de soutenir une cause en prétextant vouloir rétablir dans une moindre mesure l’égalité est à mon sens d’une ironie perverse puisqu’ayant l’effet tout inverse.
Fondamentalement, si le problème se résumait à “est ce que si on a un métier chiant, physiquement pénible, mal payé et peu valorisant on a le droit de partir à la retraite plus tôt que les autres?” évidemment que j’abonderais en ce sens. Maintenant c’est bien plus complexe que ça. Et si j’estimais qu’il était réellement possible d’avoir une société plus égalitaire, dans ce cas là j’estimerais également qu’il y a plus essentiel et important. Malheureusement je ne crois pas à une amélioration générale possible, alors peut être ai-je tort et devrais-je effectivement soutenir de telles réformes, ne serait-ce que pour la forme, parce que c’est toujours “mieux que rien”.

(Vous aurez bien sûr tous remarqué la subtilité de mon changement de surnom)

18. Mitternacht, le 11 oct. 2010

Trètrèprolixe > schön. Devant un appartement en bordel total, y a deux attitudes : 1. Ah mais pff nan ça changera rien que je fasse la vaisselle tfaçon, je vais continuer de lire mon Tintin et 2. Oui, descendre les poubelles ce serait plus urgent, mais là pour le moment j’arrive même pas à les atteindre, donc je vais au moins remettre les bouquins dans la bibliothèque, ça dégagera l’entrée, et on verra ensuite (peut-être que d’autres pourraient me filer un coup de main — ne jamais négliger l’effet d’émulation).

Ben je préfère la solution 2, parce que non, tu peux pas résoudre la guerre et la famine en Afrique, l’exploitation des femmes dans le monde et les créationnistes américains en une nuit. Mais c’est pas en poussant des pff désabusés que tu arrangeras quoi que ce soit.

Sinon, suis les conseils de Niko et ouvre ton propre blog, puis suis ta propre intuition ( Quand c’est concis qu’est-ce que c’est clair :) ! ») et apprends à exprimer ta pensée plus clairement et plus brièvement. Parce que là, ce matin, je ne suis pas certaine de ce que tu penses vraiment, mais je connais toute ta vie (non ne réponds pas, je dis pas ça pour être désagréable ou pour que tu me réexpliques, je peux te relire si je veux). Ah et puis comme ça, tu pourras signer ce que tu écris.

Astuce : quand un formulaire est trop petit, on tape son commentaire dans un document à côté, pis on copie-colle. Hop.

Niko > Tu es la diplomatie, envoie ton CV à Barack Obama, il patauge à Gaza.

Abie > Dans mon cerveau malade, je te vois et t’entends dire ce que tu écris. Bonheur.

Michel > Tu es mon Corse préféré. Ça fait longtemps que je voulais te le dire, voilà, c’est fait. Que ça ne sorte pas d’Internet.

19. NiKo, le 11 oct. 2010

> Je n’aime malheureusement pas l’alcool

Qu’on m’apporte mon commentaire et une gomme ; comment ai-je pu croire un instant du sérieux de cette personne ?

(PS: ce commentaire est une habile manœuvre reniant toute diplomatie afin de retrouver un semblant de dignité sous les traits d’un humour pesant)

20. mEga, le 11 oct. 2010

La diplomatie n’étant pas mon fort (surtout un lundi matin) je dirais simplement qu’avec une logique comme celle de Trétrézénervé on aurait encore, en France, des gamins au fond des mines si celles-ci fonctionnaient encore, les congés payés serait un joli concept dont on ignorerait tout du concept, et peut être que même le droit de cuissage aurait perdurer.
Ca serait génial non ?
Alors après c’est sûr que je pourrais évoquer la répartition des richesses qui depuis une bonne quarantaine d’années s’est mise a être diablement favorable au capital au détriment des travailleurs.
Je pourrais parler de gains de productivité qui permettent aujourd’hui d’avoir des cotisations sociales plus efficaces elles aussi que celles des années 50. Je pourrais aussi parler de tout un tas de choses fichtrement intéressantes… Je pourrais, mais dans le monde des bisounours, je ne suis pas sûr que ce soit compréhensible…
Alors je préfère faire mon gauchiss’… Heureusement que certains se sont battus alors que tu n’étais même pas née… Parce que s’ils avaient compté sur toi…

21. Guillaume, le 11 oct. 2010

A Mlle Trètrè —> règle #1 quand on écrit sur internet : aller à l’essentiel.
(du coup, j’ai lu ton argumentaire en diagonal, et je crains ne pas être le seul)

22. No', le 11 oct. 2010

PROUT !

(c’est bon, Guillaume, j’suis assez allé à l’essentiel, là ?)

23. Trétrézénervé, le 11 oct. 2010

Mitternacht > J’ai pas dû être très claire. Je n’ai aucunement l’intention de créer un blog, ni de signer ce que j’écris, ni d’être moins barbante ou plus concise, je passe déjà mon temps à écrire selon des contraintes pour les cours, ça va bien 5min ; peu m’importe que les gens lisent ou pas à vrai dire, hormis évidemment la personne à qui c’était destiné. Je commente sporadiquement des blogs, en général de façon désagréable comme tu peux t’en douter. Et j’ai été assez maligne pour écrire ça dans un traitement de texte tout de même, simplement je tenais à faire remarquer la petitesse de la case quand même.
Oh, et évidemment je suis bordélique, et le rangement, c’est une session radicale chaque mois.

Niko > Ben heu, si, j’aime vraiment pas et je suis très sérieuse. Mais je suis super rabat joie d’une façon générale, je n’aime aucune des multiples méthodes qui font perdre le contrôle/oublier notre pauvre condition/planer/jouir etc. Non, je ne suis en effet pas très marrante.

Mega > Quelle ingrate je fais, je sais. Ça fait peur hein des jeunes qui ne croient plus en un monde meilleur, qui ne désirent pas de se battre pour défendre des valeurs, je sais, je sais, tout se perd et je me blâme pour ça. Désolée de ne pas prendre ta relève. D’ailleurs à quoi ça sert les congés payés ? Les vacances m’horripilent !

Et je suis revenue au départ car j’ai songé que ceci vous intéresserait peut être. (mince le HTML marche pas je vais coller un lien tout moche http://www.pressenza.com/npermalink… )

24. Mitternacht, le 11 oct. 2010

Bon ça va bien, je ferme les commentaires. Allez vous coucher, demain y a manif et faut être en forme.