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Routiers: l’Etat pris en otage

L’approche des fêtes de fin d’année est toujours propice aux bras de fer qui prennent le consommateur en otage. […] Les routiers n’avancent pas masqués. Ils brandissent la menace d’un torpillage des fêtes en empêchant les agapes par faute d’approvisionnement. Tant pis pour les foyers qui projetaient d’oublier la crise à Noël, tant pis aussi pour les professions - notamment de l’agroalimentaire- qui réalisent une part de leur chiffre d’affaires déterminante pour leur survie à cette occasion. Alors, les routiers oseront-ils vraiment enrayer la mécanique de Noël ?

Je vous épargnerai un laïus sur le sens de Noël et sur la décadence de notre société qui n’y voit qu’une occasion de s’empiffrer égoïstement en oubliant toute la misère du monde. Je ne vous ferai pas non plus un topo sur l’histoire du syndicalisme et l’acquis fondamental que constitue le droit de grève. Par contre, par respect pour tous les otages du monde et leurs proches, cessez cette analogie grotesque entre grève et prise d’otage.

Petit rappel :

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Ceci est un otage.

Se voir éventuellement privé de foie gras le soir de Noël ne rapproche en rien de la situation de personnes maltraitées, enfermées, terrorisées et désespérées. Je suis consternée quand je vois à quel point certaines personnes sont si angoissées à l’idée que leur petit confort (qui est un luxe immense à l’échelle de la planète) soit le moindrement compromis qu’elles en perdent toute échelle de valeur. Gilles Bridier, votre ton poujadiste me dégoûte.

Quant aux routiers, j’espère bien qu’ils compromettront le repas de Noël. Sans le saumon fumé, le champagne et le foie gras, les gens s’intéresseront peut-être un peu plus à ceux qui sont autour de la table. J’espère aussi la disparition du métier de routier, en dépit du respect que j’ai pour ceux qui l’exercent, et la généralisation du ferroutage bien moins polluant. Mais quoi que je pense du transport routier, jamais je ne remettrai en cause le droit de grève de quiconque.

PS. Si vous n’avez pas vu, notez les jolis mots-clés qui composent l’URL de l’article. Quelle classe.