"Le féminisme est un crime contre l'humanité"
Mercredi sort La Domination masculine, film de Patric Jean dressant l’état des lieux de la lutte féministe et de ses raisons d’être à l’heure actuelle. Beaucoup pensent, et c’est assez fondé, que des progrès énormes ont été accomplis en matière de droits de la femme. Mais ce n’est pas parce que l’égalité des droits est inscrite dans la loi que l’égalité de valeur l’est dans les mentalités. La misogynie est toujours fortement présente dans tous les aspects de la vie et de la société. Je ne vais pas m’étendre ou faire la liste des exemples que je vois tous les jours.
Bref, Esther m’a fait hier découvrir le site officiel du film, qui présente de nombreux dossiers concernant divers aspects de la misogynie, dont l’éducation des enfants (les jouets par exemple) et la violence conjugale. Ici, il s’agit d’écouter les hommes qui défendent le masculinisme, considérant le féminisme comme une grave menace pour les fondements de la société.
Quelques remarques : les hommes qui s’expriment ici tiennent des propos extrêmes, mais ils révèlent un processus insidieux tout à fait nuisible à l’acquisition de l’égalité “de considération” (j’entends par là la fin des préjugés misogynes quels qu’ils soient). De nombreux hommes sont en effet tout à fait pour l’égalité des hommes et des femmes tant qu’ils ne perdent pas leurs privilèges. Vous saisissez le paradoxe. La fin des discriminations des unes signifient également la fin des privilèges des autres, et c’est bien souvent là que ça coince.
En outre, je voudrais rappeler le lien puissant qui existe entre misogynie et homophobie masculine, puisque la seconde procède en grande partie de la première : tous les homophobes que j’ai rencontrés étaient également misogynes, et leur répugnance pour l’homosexualité masculine provenait en grande partie de leur dégoût de voir un homme s’abaisser au rang de la femme. Toutes les insultes de l’accabit de “femmelette”, “tapette”, etc. tirent leur force de l’idée qu’un homme qui a des rapports sexuels avec un autre homme s’humilie en adoptant un rôle inférieur, celui de la femme. Pour faire court, “femme” est une insulte pour un homme. À l’inverse, dire qu’une femme “a des couilles” est un compliment, puisqu’on l’élève au rang d’homme.
Je vous invite à consulter les dossiers de ce site et à faire un petit examen de conscience, que vous soyez fille, garçon ou autre. Et à partir de mercredi, prenez vos pieds et allez voir ce film qui me semble tout à fait utile aujourd’hui.
23 novembre 2009, 09h55 – in C'est mon avis et je le partage – Lien
Commentaires
Par xave
J’aurais voulu dire un truc intelligent, mais je vais me contenter de “AU SECOURS !”
Par raph
Les clichés que tu décris sont d’ailleurs aussi très souvent véhiculés par des femmes.
Par Frédéric Reynier
Bonjour,
ton billet me fait fortement penser à l’essai de Marc Luyckx Ghisi “La Société de la Connaissance - Une nouvelle vision de l’économie et du politique” disponible à cette adresse:
http://www.leseditionsromaines.com/…
Pour résumer il énonce l’idée que le déséquilibre entre les hommes et les femmes est profondément ancré dans une majorité de religions. Ces dernières correspondent au vecteur premier de développement des valeurs patriarcales au sein de l’humanité.
Par Mitternacht
raph > y a mille choses à dire, tu as choisi celle-là. Les femmes qui véhiculent ces clichés comme tu dis, sont simplement victimes d’un processus d’intériorisation de la misogynie. Ajouter à ce billet que les femmes sont responsables en partie de cet état de fait, même si cela peut être considéré comme vrai, je trouve ça douteux. Pour être honnête, je reste un peu perplexe vis-à-vis de tes motivations.
Par No'
Ce qui est désespérant, c’est de voir à quel point le modèle patriarcal est ancré dans les moeurs de la majorité de l’espèce humaine.
Même en cherchant, on trouve pratiquement aucune société matriarcale qui donnerait une place juste aux femmes dans les processus de décision, dans les tâches diverses et variées de la vie conjugale / familiale / du travail.
Pour ma part, et je le déplore, je situerai la source de ce comportement atavique à la préhistoire et la naissance de l’humanité plus particulièrement.
Le modèle sociétal était fondé sur un constat purement physiologique :
* Monsieur avait une force physique plus grande, il était dévoué à la chasse et la défense du logis contre les prédateurs,
* Madame avait une force physique moindre, et lorsqu’elle attendait un enfant, pas question d’aller gambader pour se faire bouffer par les ours. une fois les enfants mis au monde, elle devait les allaiter et ce, jusqu’à ce qu’ils marchent et soient capables de se nourrir seuls.
Et tout allait pour le mieux pour Monsieur Cromag’, puisqu’il devenait le chef, par simple dissuasion du fait de sa force physique, ou carrément en cognant tous ceux et celles qui n’étaient pas d’accord pour lui accorder son vote de confiance.
Bon, ensuite, y’avait certainement un peu plus de subtilité concernant les anciens, et les relations entre chefs de famille, mais globalement ça devait à peu près se résumer à ça.
Le soucis de maintenant, c’est que le modèle sociétal n’a pas évolué, alors qu’il n’est plus nécessaire d’avoir une grande force physique pour dominer l’autre. À part au rugby, ou à la boxe (qui n’est ni plus ni moins que du rugby sans ballon).
Tout ça parce que, malgré l’invention du parcmètre et de l’auto-cuiseur, l’espèce Humaine aura beau dire qu’elle a progressé du point de vue philosophique ou quoi ou qu’est-ce, le modèle dominant qu’on retrouve dans tous les dogmes, toutes les religions, toutes les civilisations, aussi avancées soient-elles, c’est celui du patriarcat. Et comme ce pouvoir laissé aux mecs donne parfois des ailes à leur imagination, on trouve quelques décérébrés qui lancent des imbécilités du genre de celles proférées dans les vidéos ci-dessus. Et qu’ils s’imaginent être supérieurs. D’où la mysoginie “habituelle” de certains.
Et beaucoup d’autres plaies de l’Humanité, d’ailleurs, comme l’appât du gain, la guerre, le crime, etc. sont fondées sur le mode de fonctionnement primitif de l’Homme.
C’est pour ça qu’à moins de remonter le temps et d’expliquer à Cro-Magnon l’égalité entre les sexes, je vois pas comment on éradiquerait la mysoginie. À mon avis. Mais je suis pas un expert. Et pas parfait non plus. Enfin bref.
Bon, pardon pour ce commentaire un peu long, qu’on aurait pu résumer par ce mot de Pierre Dac : “Le chaînon manquant entre l’animal et l’homme, c’est nous”.
Par Tristan
Oh la vache, que des candidats d’exception pour un diner de cons ! :-)
J’ai arrêté de regarder après 2:30 du 1er extrait. C’était trop dur, et j’ai vraiment pas envie de commencer cette semaine en me foutant en rogne…
Mise à jour : en fait, fasciné par l’horreur, j’ai continué à regarder un peu plus (jusqu’à 6 minutes). Et puis j’ai réalisé qu’il y avait un parallèle remarquable entre leur discours et celui qui défend le racisme. Rabaisser l’autre, s’appuyer sur des arguments simplistes du genre “c’est la nature”, “ça a toujours été comme ça”, et on renforce ça à coup de clichés, de trucs sortis de leur contexte. Terrifiant… mais malheureusement classique.
Au fait, c’est classé dans la catégorie “films d’horreur”, ce truc ? ;-)
Par raph
Je n’ai pas parlé de responsabilité. Et je n’ai aucune motivations…
Par Gru
J’avais envie de troller pas cher en mettant un passage de la bible, mais finalement, j’ai pas eu le courage d’assumer mon humour délicat.
Alors un lien, qui revient sur l’affaire Polanski, mais s’en éloigne très vite et te donnera du grain noir à broyer.
http://www.peripheries.net/article3…
Par gilda
Tant que le système économique dominant sera le capitalisme (et pour l’instant quel(le)s alernative(s) ?), basé sur un modèle guerrier et de concurrence - après on peut toujours discuter sur le fait que l’entraide serait ou non une attitude plus féminine que l’élimination du concurrent -, je ne crois pas qu’on pourra faire infiniment de progrès.
Et puis il y a un vrai sédiment de “modèles intégrés”, comme tu le dis toi-même, bien des hommes confondent féminité et artifices, bien des femmes ont intégré qu’en se pétassifiant elles augmentaient à donf leur coefficient de séduction, bien des femmes transmettent à leurs filles de quoi perpétuer l’enchaînement.
Exemple concret et tout bête : le fait en se mariant de prendre ou non le nom de l’époux. Il n’y a vraiment aucune raison que ça se passe dans ce sens-là exclusivement. Le pire (on en voit encore sur certaines pierres tombales) : quand la femme perd également son prénom dans l’aventure, madame Georges Duchemin, née Jeannette Despré (1898 - 1971), imaginez l’inverse un seul instant, voir l’effet fait.
Il y a chez la majorité des êtres humains un tel besoin de se conformer au modèle dominant, c’est souvent là le premier obstacle à l’évolution des mentalités (quel que soit le sujet).
Très d’accord au sujet des mécanismes communs entre racisme homophobie et misogynie, même si j’aurais plutôt exprimé ça dans l’autre sens, à savoir que je n’ai jamais croisé d’homme hétérosexuel dépourvu de mépris face aux hommes homosexuels et qui soit par ailleurs misogyne. Ce sont souvent les mêmes qui ayant une vie sexuelle épanouie ne se sentent pas menacés par ce que la société considère encore dans son ensemble comme des non-conformités.
Je me demande enfin combien de temps perdurera l’écart de forces physiques si on parvient (c’est utopique, je sais) à ce que toutes les femmes aient accès à la contraception et cessent de s’épuiser en grossesses non désirées (mode Jeanne-Claudine Van Damme on : déjà par rapport à mes grands-mères je suis plus grande et plus musclée ;-) ).
Par janu
Mathématique – se redire qu’en France quelques 81,46% des représentants des citoyens à l’Assemblée, qui font les lois qui régissent nos rapports sociaux, sont des hommes, est toujours un moyen rapide et efficace de relativiser les progrès soi-disant considérables accomplis depuis 40 ans. Notre ratio est plus proche du 0% de femmes des talibans (+ 18,54%) que des 50% de certains pays nordiques, des 50% qu’il serait juste d’avoir (- 31,46%)…
Par nannick
Pardon janu, mais pour moi c’est erroné que de vouloir cela (une égale représentation / 50% de représentation des 2 côtés).
ce que j’entends dans le post est : “les réactions mysogines (en gros la société actuelle) ne permettent pas un complet épanouissement de la femme et lui barre la route pour de nombreux accomplissements (travail, personnel, et autres endroits où le “regard” des hommes est encore bien trop présent)” et j’en suis à 100% d’accord.
Il ne devrait pas y avoir de différences de traitements, de regards ou d’estime pour une femme et un homme dans l’accomplissement d’une même tâche.
Mais par contre dire qu’il FAUT avoir 50% de représentation, je ne suis pas d’accord (on pourrait avoir l’inverse que cela ne me dérangerait nullement - ex: d’avoir plus de collègues féminines dans le monde IT dans lequel je travaille… ;-) ou d’avoir plus d’infirmiers pour me faire un lavement quand je suis à l’hôpital…).
Ce que je pense est qu’il faudrait qu’il PUISSE y avoir 50% de représentation et ca aujourd’hui ce n’est pas le cas (barrières morales, pressions sociales aux etudes, à l’embauche, à la nécessité de réussite pour prouver qu’elles peuvent…).
Vouloir à tout prix que les femmes fassent tout comme les hommes (= 50% de représentation) n’est pas selon moi le but à vouloir atteindre… Qu’elles puissent le faire sans regard louche et autre pression sociale si elles en ont envie, là je signe!
Par Cercamon
Merci, j’avais pas entendu parler de ce film (je suis un peu coupé du monde en ce moment). Intéressant et oserai-je rajouter : enfin !
Cependant je me demande comment, par exemple, ils introduisent ou présentent ce discours masculiniste dans le docu (qui est somme toute très localisé on remarquera que les “mecs” sont tous québécois - bon ok nous on a Zemmour :) - et les raisons peuvent en être intéressantes) . De même si certaines revendications masculinistes sont à vomir tant elles suintent une misogynie patente, sur certains points elles pourraient être relativement pertinentes par rapport au sexisme et au fait que le patriarcat n’est pas nocif seulement pour les femmes.
Je suis curieux de voir aussi s’il présente les mouvements féministes (le pluriel est important). Je suis toujours stupéfait de voir l’ignorance concernant cette histoire, terreau fertile pour toutes les énormités que j’ai pu entendre (j’ai même entendu des copines acquiescer à des discours Zemmour-like). D’un autre côté le féminisme ne se résume pas à une seule position, bien au contraire, elles sont multiples et parfois s’opposent assez vivement.
Je me permettrais juste de faire remarquer que tu sembles employer le mot misogynie là où le mot sexisme serait plus juste. ;)
Par xave
Cercamon, s’ils sont tous québécois, c’est peut-être parce que c’est un film québécois. :)
Par NiKo
Ben là je sais pas mais au visionnage de ces interviews j’ai plutôt franchement honte d’être un homme… Alors que je ne me reconnait pas dans les propos rapportés (caricaturaux même si sans doute relativement répandus, faut quand même le reconnaître).
On sent chez ces hommes (et chez beaucoup d’êtres humains en général par ailleurs) le poids d’une éducation fondamentalement enracinée ; pas facile de passer outre et de la sublimer chez ces gens qui semblent avoir bâti leur équilibre, jusqu’à leur identité, sur les certitudes qui en découlent. Les remettre en question représenterait chez eux une forme de déni d’identité, qui paradoxalement n’aboutirai pas forcément au résultat escompté (et c’est bien le problème de la legislation à tout va sans éducation en parallèle).
J’ai malheureusement le sentiment qu’une fois de plus, seuls le temps, la patience et la pugnacité de ceux qui pensent qu’une alternative est urgente et nécessaire n’en viendront à bout, par l’information et l’éducation principalement. Mais quel boulot !
Puisse ce film “mirroir” sociétal constituer un début d’amorce de commencement d’une aide à la réflexion en ce sens (non, je ne suis pas vraiment optimiste).
Par xethorn
C’est un processus et comme tout processus, il faut du temps. Faisant partie de la generation Y, je peux dire que de nombreuses choses ont change, ne serait-ce que par la forme meme des couples.
La relationnel de la force n’est plus du tout a l’ordre du jour. Je voyais mes camarades de promo repasser alors que leur copine regardait la tele. Le monde change, il faut savoir etre patient.
Les discours extremes existeront, par contre et tristement, toujours. Ca me fait un peu grincer des dents puisqu’un monde equitable est un monde dans lequel les tensions sont deja moindres.
Je pense vraiment que dans les 10 ans a venir, les changements seront plus marques avec les nouvelles generations. Il faut savoir etre patient, une culture et une education ne disparaissent pas du jour au lendemain (tristement).
Comme niko, je ne me reconnais pas dans les propos de ces “hommes”.
Twitter: http://twitter.com/xethorn
Flickr: http://flickr.com/xethorn
Par Cercamon
>Xave
Patric Jean (le réalisateur) est belge.
La production du film est française si j’ai tout suivi.
Il me semble que si le mouvement masculiniste est relativement bien implanté en amérique du nord, on doit pouvoir isoler des facteurs historiques, sociaux, culturels, etc. qui pourrait l’expliquer au moins pour partie. Peut-être que les beaufs de là-bas se sentent plus menacés qu’ici ? Peut-être que cela révèlerait en miroir un manque que nous avons ici.
Ne connaissant pas ce réalisateur je m’interroge tout haut (au cas où quelqu’un qui le connait pourrait m’éclairer). Surtout qu’il a fait d’autres films sur des sujets très intéressants semble-t-il. Mais bon, j’aurais la réponse bientôt.
Par Lomalarch
Pour mettre mon grain de sel dans le mystère de l’origine de ces déplorables visions des rapports humains, je ne pense pas, comme No’, que c’est la faute à cro-magnon (le poooovre, il a pas mérité cette mauvaise image qu’il traîne jusque dans les pubs pour marchands de renseignements téléphoniques – fermons la parenthèse avant d’avoir oublié complètement de quoi on causait avant), particulièrement aux temps du nomadisme, où les femmes étaient les gardiennes de l’avenir de la tribu…
Pour abonder dans le sens de Gilda (mais sans être forcément aussi pessimiste), j’ai tendance à croire que les groupes humains qui ont commencé par assujettir leurs femmes auront trouvé légitime d’assujettir leurs voisins, d’où une culture belliciste plus développée que chez ceux qui avaient établi une paix équilibrée au foyer.
Dès lors, puisqu’il est plus facile de gagner la guerre quand on a envie de la faire, plus les sociétés s’étendent, plus les matriarcats prennent cher, jusqu’à disparaître.
Mais il me semble (je veux croire, en tout cas) que nous sommes entrés dans une période de transition dont je veux croire qu’elle sonnera le glas de cette connerie-là, même si on a encore quelques générations avant d’en voir le bout, probablement… C’était le commentaire optimiste du soir :-)
Par piotr
Je recommande chaudement le livre du même nom, de Pierre Bourdieu!
Par Cercamon
+1 Lomalarch
Il ne faut pas oublier que cette image d’épinal de “Cro-magnon” (qui hélas nourrit en partie certaines hypothèses de la psychologie évolutionniste) est née au sein d’un système de représentation donné - justement celui de la domination masculine. Recherche d’un mythe fondateur ? :)
Il suffit de voir la variété des organisations sociales dans l’espèce humaine, on peut envisager que les “Cro-magnons” ne vivaient pas tou(te)s de la même manière…
Par Jestaire
Mon point de vue, s’il s’agit de connerie, c’est que c’est la chose la mieux partagée au monde, que ce soit par les hommes ou par les femmes. On aurait pu faire un autre best-of d’idioties avec des femmes, sur d’autres registres - il suffit d’en trouver un bon, et il y en a toujours.
L’histoire humaine n’est pas celle des “méchants” hommes contre les “gentilles” femmes - elle a été faite par les deux, et tous sont imputables des bonnes comme des mauvaises choses.
Il y a un fond moraliste, idéologique et propagandiste dans cette lecture de l’histoire à la loupe féministe. Peut-on vraiment passer des millénaires d’histoire (on parle quand même de “Cro-Magons”) au tribunal ? Devrait-on croire que les deux genres ne sont jamais parvenus à s’entendre, à se séduire, à s’arranger, à collaborer et à produire un monde humain plein de vie avant les années 60 ?
Juger l’histoire humaine me semble un peu présomptueux - des milliards de gens ont fait le monde avant nous, et ils n’étaient pas tous de misérables victimes de la bêtise.
Quelle triste époque pour qu’on en vienne à perdre autant la foi en l’humain. Et l’amour, dans tout ça ? Et la puissance de la libido ? N’y a-t-il jamais eu un seul orgasme avant les sufragettes ? Vous me faites rire. Ces choses nous dépassent tous, et ce n’est certainement pas avec de l’intellect ou de la morale déguisée qu’on pourra les appréhender à leur juste mesure. Le désir passe là où il le doit. Essayez donc de canaliser ça.
Par Mitternacht
Jestaire, tu es un imbécile aveugle et ignorant.
J’attends maintenant que tu viennes m’expliquer que les Noirs et les Blancs ont, main dans la main, fait l’histoire du Sud des États-Unis, notamment avant l’abolition de l’esclavage dont ils partagent naturellement la responsabilité.
Par Mitternacht
Précision parce que je sens qu’il y a quelques têtes dures : mon analogie n’a pas pour but d’assimiler la condition féminine à un esclavage mais bien de démontrer l’inanité de l’argument avancé par Jestaire.
Par Jestaire
Je n’avais aucunement l’intention de faire une comparaison avec l’esclavage négrier, c’est toi qui le fait camarade Mitternacht - et il me semble que c’est un peu exagéré - on flirte avec le point Godwin. Je ne pense pas continuer le débat, puisque dans très peu de temps tu vas commencer à me traiter de nazi ou d’Hitler.
Le problème de l’Histoire avec un grand H, c’est qu’on peut lui faire dire, ce qu’on veut, ce qui nous arrange selon l’église pour laquelle on prêche. Mais très franchement l’Histoire s’en fout, et notre opinion n’est qu’un pet de mouche, surtout lorsqu’il s’agit d’un post sur un blog internet. Maintenant ce serait bien de voir ce qu’on peut faire pour les femmes et tous les “déshérités” du monde au présent, au quotidien - et plutôt que d’essayer de “sauver le monde” du haut de nos convictions de petits occidentaux sur-protégés, développer et nourrir le respect, dans les petits détails, plutôt que sur de “grands principes” qui nous dépassent.
Si tu veux des débats et une guerre, et bien vas-y camarade. En ce qui me concerne, j’ai suffisamment confiance dans les femmes, dans leur force et leur intelligence, qui ne date pas d’hier.
Par Jestaire
Histoire de m’enfoncer un peu plus, je dirais que l’une des civilisations qui a le plus relégué les femmes au rang d’anecdote (et pratiquait également l’esclavage de manière courante) est celle qui a produit les bases de la société dans laquelle nous vivons aujourd’hui - je veux parler des grecs, et de leur résurgence romaine et chrétienne. Ces gens qui ont inventé la plupart des sciences, l’urbanisme et la démocratie, se tamponnaient royalement le coquillard de la condition féminine.
Par Cercamon
“Devrait-on croire que les deux genres ne sont jamais parvenus à s’entendre, à se séduire, à s’arranger, à collaborer et à produire un monde humain plein de vie avant les années 60 ?”
Quel rapport avec ce dont il est question ici, la domination des femmes. Bien sûr que le monde a fonctionné comme ça. Il a même fonctionné sous des dictatures, pendant des guerres, et toutes sortes d’horreurs. Là, il est juste question d’inégalité dans l’organisation sociale. Celle de maintenant, présente. Au nom de quelle morale ne devrait-on pas en parler ?
Et concernant ton aparté sur les grecs : et alors? quelle conclusions en tires-tu ?
Par Jestaire
“Organisation sociale au présent”. On parle de “parité”, les femmes travaillent, votent, consomment, se cultivent, et ont les mêmes droits que les hommes - c’est en tout cas garanti par les institutions. Le “problème” est donc davantage dans les mentalités - et la “mentalité” est un matériau flou, difficile à appréhender, à contrôler (j’aurais tendance à dire “tant mieux”) - fruit des traditions, des atavismes, de la culture en général, et des désirs particuliers de chacun.
Après ça, c’est votre choix de voir l’histoire comme une suite d’horreurs - perso je trouve ça assez négatif. Voir le verre à moitié plein ou à moitié vide n’engage que vous.
Et si je parle des grecs, c’est simplement parce que je voudrais remettre les pendules à l’heure sur la vision simpliste du “Cro-magon”. S’il y a bien une chose qui a asservi la femme, c’est l’ère de la “raison” - les femmes parfaitement pomponnées de l’empire anglais Victorien auraient deux-trois choses à dire sur la barbarie que le patriarcat “civilisé” leur a fait subir.
Les périodes “pré-civilisées” étaient sans aucun doute matriarcales, parce que c’était bien la femme qui détenait le pouvoir visible - celui de l’enfantement, celui de la perpétuation de la communauté. Elle était certainement au centre de l’organisation sociale, respectée et crainte, avec une aura “magique” - les hommes n’ayant pas encore inventé les outils de régulation “techniques” qui lui ont permis de prendre le contrôle.
Disons-le, c’était peut-être même carrément un enfer pour les hommes. Et ça a duré des milliers d’années.
La question que j’aimerais poser maintenant, c’est “à quoi servent les hommes” ? Les femmes, c’est assez clair: elles font tout le boulot. Mais les mâles, avant qu’ils inventent leurs gadgets, leurs canons, leur prose… A quoi est-ce qu’ils pouvaient bien servir ? Simplement à chasser, à ramener la bouffe ?
Moi je pense que les hommes sont là à titre décoratif. Histoire qu’il y ait du choix parmi les spermatos disponibles. Mais la vérité, c’est que si le patriarcat essaie d’étouffer la femme, c’est parce qu’il sait que c’est LUI, l’anecdote de l’histoire.
Par Cercamon
Te vexe pas, mais j’ai vraiment du mal à suivre les enchaînements logiques dans ta pensée…
Oui le problème est dans les mentalités, c’est le propos du film me semble-t-il, et ceux des personnes qui y voient quelque-intérêt.
Passons sur l’histoire, j’ai du mal à piger ce que tu critiques par rapport à ce qui a été dit…
Concernant la vision simpliste du cro-magnon, sur 3 personnes qui l’ont évoqué, justement 2 ont déclaré que c’était sûrement plus compliqué que l’image d’Epinal… Comme je pense que ta vision du matriarcat me semble aussi fort spéculative.
Sur le “à quoi servent les hommes”, tu me pardonnes, mais je trouve cette question puérile. Ils ne servent à rien, comme le reste, ils sont là, comme le reste.
Bref, je trouve pas que ça fasse avancer beaucoup le schmilblick.
Par Jestaire
Okay, je dois reconnaître que tu as raison. Le misérabilisme et la caricature m’agacent, mais j’en produis moi aussi, alors j’arrête là. Respect.
Par Jestaire
J’ai repéré cette discussion par le biais du site “Nologos”, où ce débat se poursuit d’une façon que je trouve assez plaisante. Vous le trouverez là: http://nologos.net/?p=910 si ça vous amuse. Bye.
Par Isabelle
Je crains fort que rien ne fera avancer le schmilblick !
Si l’histoire servait à quelque chose ça se saurait, il en va de même pour toutes les religions.
Combien d’hommes, femmes et enfants sont morts par convictions ou ignorances religieuses ou historiques ?
Je suis d’accord sur le fait qu’il y ait des inégalités, elles sont visibles, audibles, bêtes, surtout bêtes. Après ce constat que faire ou que dire ?
L’Homme ne sert à rien !
Ok ! Est-ce que pour autant ça doit être le mot de la fin ?
Si oui, il y a un truc pas mal, le génocide !
Soyons sérieux !
Que faire pour faire évoluer la situation de la femme en France ? Sans la victimiser. je trouve ça aussi idiot qu’un Pape qui parle de sexualité.
Toutes celles (et ceux) qui sont libres, peuvent apporter leur soutien à celles qui ne le sont pas, peuvent défendre à l’intérieur des entreprises les inégalités, dénoncer les sobriquets nombreux et si amusants (ex: foufoune, miss nibards…), aller voir sa voisine qui se fait tabasser, éduquer fils et filles dans la parité (le respect, la critique, le non-consumérisme, veiller au programme télé- si affligeant, leur expliquer les publicités…), éviter de friser le ridicule en voulant à tout prix féminiser des mots ( manageuse, aménageuse…) ; on pourrait donc lister des actions, et individuellement armés de nos convictions aller le coeur battant sauver la femme. J’aimerais pour ma part ne pas laisser pour compte tous les homosexuelles (els), les étrangers subissant le racisme, pire l’immigrée ouvrière (é, er), je m’excuse d’avance pour toutes les minorités que j’ai oublié de citer.
Le tout dans l’envie de faire changer les mentalités et obtenir quelques sièges.
L’idée me séduit, puis une petite voix moins naïve me dit qu’au-delà de toutes ces actions (que je pratique), il existe un élément qui nous constitue tous, l’instinct, et selon il est plus ou moins contrôlable ; je ne pourrais pas certifier que l’intelligence (à part celle du coeur) le changerait.
J’ai eu un père qui, au simple mot «homosexualité» tombait malade, noir aussi, arabe également; il était bien sûr misogyne. Pourquoi ? Je ne sais toujours pas. On pourrait dire «il est bête». Ça ne changerait rien, le faire parler était impossible, c’était épidermique. Ils étaient tous différent de lui, de sa conception.
Alors, soyons nous même tolérants, face aux personnes qui ne sont pas capables de penser que nous mourrons tous un jour et que nous sommes faits du même bois !
Je comprend aisément que certains peuvent grincer des dents.
Je veux juste raconter une autre histoire, assez proche, le racisme.
Au cours d’un des mes emplois, j’ai dû me confronter à ce fléau, je mangeais ma langue pour ne pas exploser, à l’époque je travaillais dans une agence d’intérim. Un entrepreneur ne voulait en aucun cas employer des personnes issues de l’immigration. Au fur et à mesure que nous nous connaissions plus, il se libérait et parlait des motifs de son refus. Il croyait même que j’étais sympathisante, à aucun moment je n’ai manifesté une quelconque critique. Un soir, il m’appelle en urgence, il avait besoin d’une aide d’urgence pour le lendemain matin ; je l’ai fait attendre, bien décidé à changer les donnes et de lui proposer en seul recours un indésirable. J’ai contacté Mourad et lui ai expliqué la situation. Je lui ai demandé si il accepterait de jouer le jeu, pour faire changer le point de vue de cet employeur. Il a été exemplaire et était prêt à affronter les insultes toute la journée. A la fin, il a gagné, ce chef d’entreprise a changé d’idée. Je remercie Mourad, Mohamed, Désiré et tous les autres pour leur intelligence discrète et leur ténacité. Ils ne voulaient pas être considérer comme «victime», leur souhait «la dignité».
Je m’éloigne, il est vrai, un sujet délicat amène un autre sujet tout aussi fragile et complexe. Au-delà des lois, qui devraient permettre de réguler la parité et lutter contre toutes les inégalités, il y a la difficulté de les faire appliquer. Plus elles se multiplient plus ça complique, il faudrait un inspecteur derrière chaque personne.
Faisons-nous confiance l’homme est pas si pourri et la femme pas si vertueuse, nous finirons par trouver un équilibre. Pensons aussi aux femmes de tous les pays non occidentaux, elles se battent pour vivre. Alors parfois, même féministe, je me dis que nous sommes déjà chanceuses et soyons conscientes que nous pouvons encore choisir.
Faire l’Amour est une autre solution !
Par Mitternacht
Isabelle > Merci pour cette riche contribution. Je pense pour ma part que les mentalités évoluent au fil des générations, par l’action de chacun sur son environnement proche. L’exemple de Mourad est superbe. Je pense que tu le donnes pour montrer qu’une action subtile, sans confrontation directe, donc pacifiste, peut avoir de bien meilleurs résultats qu’un conflit ouvert sur la question.
Qu’on ne se méprenne pas sur mes intentions. Je ne défends aucune guerre des sexes. Je fais autant confiance à l’homme qu’à la femme pour faire évoluer la situation. Je pense cependant que ce genre de film a une vertu de rappel, d’alerte, qu’il est nécessaire. Tout comme il est nécessaire que les médias relatent les affaires de délit de faciès et de discrimination, pour nous rappeler que la lutte contre le racisme se fait au quotidien.
On fait souvent l’amalgame entre lutte contre le patriarcat et lutte contre les hommes. Ce n’est pas du tout mon idée. Il s’agit plutôt de dénoncer un système qui engonce l’homme et la femme dans des rôles prédéfinis impliquant une domination des unes par les autres. Je ne rends pas responsables les hommes d’aujourd’hui de l’existence d’un système qui perdure depuis des générations dans notre société. Par contre, nous avons tous la responsabilité de ne pas faire perdurer ce système inégalitaire.
Par Araignée
Je viens d’ajouter dans mes liens un blog très intelligent, qui parle de discriminations en général et de celle de la femme en particulier.
http://www.crepegeorgette.com/
Par wildmary
C’est effrayant d’entendre à nouveau ces “de tous temps”, ils sont affreusement mal éduqués et renseignés, quelques cours d’Histoire ne leur feraient pas de mal.
Encore une fois l’ignorance est la base de ces propos qui pour moi peuvent être associés à du racisme, qui est bien souvent basé sur l’ignorance et la méconnaissance de l’autre.
Par Isabelle
Petit coup de gueule après le débat d’hier, j’avais donné quelques idées de petites actions à mener au quotidien.
Une folie s’est emparée de moi ce matin, j’ai allumé la radio, chose que je n’avais pas faite depuis plusieurs mois, je boycotte les médias qui minent le morale.
Et là, misère !
8 heures du matin.
Première étape. Vagues informations sur la journée internationale pour les femmes victimes de violence et blabla de service.
Jingle !
Page de pub de ce magasin dont l’enseigne laisse à désirer «Toys R Us», je trouve le nom limite, « superbe promotion à saisir d’un aspirateur Kitty ». Bienvenue les petites filles dans la parité !
Et pour les garçons, un bac à huile de vidange ou une poubelle à roulettes qu’il pourra sortir tous les soirs en raison du tri sélectif.
Sacré créateurs de jouets, ils ont oublié les kits de survie, les antidépresseurs, l’alcool, le shit, extasies, des panoplies utilisés par les papas et les mamans pour faire face. De la sorte, ils auront la chance d’être lobotomiser assez tôt, plus de problèmes !
Je vous demande à tous de boycotter ce magasin et surtout ce type de produit. Depuis quand un aspirateur est ludique (pour les filles comme pour les garçons) ?!
Bienvenue dans le monde si amusant de l’électroménager ; c’est sûr, c’est à la base qu’il faut conditionner nos enfants dans la consommation d’outils nous facilitant la vie.
Je propose même une journée de grève nationale des femmes, envoyées vos préavis de grève à vos employeurs, vos maris (il y a de très bons maris solidaires)ou autres…. Une journée à ne rien faire, peuvent s’y associer toutes les personnes bien pensantes. Peut-être cela permettrait de souligner nos vraies préoccupations et notre rôle.
Cette idée fait suite à une brève pour un repas républicain organisé par une association qui lutte contre la discrimination raciale ; leur propos le coût de l’immigration en rapport avec ce qu’ils consomment. Il décident tout bonnement de ne rien acheter durant une journée. Possibilité d’en savoir plus sur radio Nova, qui pourrait aussi veiller au contenu des publicités.
Au boulot filles, femmes, grand-mères, garçons, hommes…. quelques soient vos origines, vos croyances, vos goûts, il faut tout simplement cesser de se faire manipuler par ceux qui déterminent nos besoins. Qui mieux que nous peut y répondre !
Une chose est certaine ça ne me réussit pas du tout d’écouter ou de lire les médias !
Essayez, vous verrez à quel point la joie revient !
Par Olivier
Je m’insurge. À 4 ans je trouvais l’aspirateur tout à fait énigmatique et incroyablement ludique avec tous ses boutons et ce bruit de turbine sorti de nul part.
Un aspirateur est beaucoup plus amusant quand on est petit que, plus tard, quand on doit le passer soi-même :)
Par Araignée
Je suis d’accord avec Olivier : j’ai remarqué que l’aspirateur, ou même le balai, amuse beaucoup les enfants. Dans leurs jeux, ils jouent souvent à faire comme les parents ; ça peut passer, ce n’est pas en soi révoltant, par jouer à faire le ménage. Mon neveu tient absolument à passer le balai, ce qui a pour effet d’étaler la poussière dans toute la maison :)
Là où ça devient problématique, c’est quand le jouet-aspirateur est clairement destiné aux filles. Mais bon, je pense que demander aux fabriquants d’arrêter ce genre de clichés est illusoire ; si ces clichés existent, c’est parce que ça se vend. C’est parce que les filles ont effectivement plus tendance à se diriger vers l’aspirateur que les garçons. Pourquoi ? Parce qu’elles ont vu leurs mères passer l’aspirateur, et pas leurs pères. (Ce qui est en train de changer, je pense.) Bon, je fais de la grosse caricature, mais c’est l’idée. Alors oui, les fabriquants de jouets entretiennent ces clichés (ça donne un genre de cercle vicieux), mais je pense que s’attaquer à eux c’est prendre le problème par le mauvais bout. C’est plutôt aux parents (qui donnent l’exemple, d’abord, et ensuite qui achètent les jouets) qu’il faudrait s’adresser.
Par Cercamon
Sans parler du potentiel ludique du carton de l’aspirateur ! :)
Je ne pense pas que protester contre les fabricants de jouets consiste à prendre le problème par le mauvais bout. Car en agissant ainsi ils assurent la pérennité d’une représentation sociale et de là, sa transmission et sa résistance et justement sa remise en cause au sein des foyers. En gros, même si papa passe l’aspirateur et maman fait la vidange de la bagnole, les jouets - enfin la manière dont ils sont présentés - relayent la pression sociale, sans parler de la pression que se mettent les enfants entre eux.
En effet ils ont une perception très précoce des rôles sociaux, on a pu vérifier que des enfants d’environs deux ans, capables de parler, pouvaient déterminer le sexe d’un personnage en fonction de ses activités (“Oh regarde X joue au football, comment X s’appelle selon toi, Gertrude ou Robert ?)
Une anecdote me concernant. A la maternelle - j’avais 4 ans - je me suis pointé un jour avec un truc étiqueté “machin pour fille”. A la récré, ça a commencé par des “hou la fille”, pour finir en affrontement extrêmement violent (physique), moi contre le reste de la classe. C’était dans les années 80.
Il y a quelques année dans ma rue j’ai dû reprendre un minot qui invectivait très violemment une petite fille (d’une tête de plus que lui), lui interdisant de jouer au ballon avec lui, juste parce que c’était une fille.
Mais bon, toujours dans ma rue, la semaine dernière, j’ai croisée une gamine en embuscade au coin de ma maison, armée d’un flingue et d’une montre qui faisait visiblement transmetteur, en plein trip Jack Bauer (“Je suis blessée, il y a plein de tueurs, vite, envoyez moi des renforts, j’y vais !!! -Pshhhh Pshhhh Pshhhh !”) Heureusement elle ne m’a pas pris pour un tueur :-D
C’est sûr que ce qui se passe dans les foyers est fondamental, mais si le discours diffusé socialement prenait le contre-pied plutôt que de renforcer cette situation, il est évident qu’il serait beaucoup plus facile de changer les mentalités, même s’il est aussi évident que ce n’est pas tout. Mais demander à ce que l’on ne fournisse plus un support d’un tel poids aux représentations sexistes me semble pas un mauvais bout.
Car du point de vu pratique, il est plus acceptable d’exercer une contrainte dans l’espace public qu’au sein des foyers - question de liberté - même s’il ne faut pas oublier le fameux slogans féministe : “le privé est politique” ;)
Sinon certain(e)s ont vu le film ? Il passe pas encore par chez moi…
Par Bladsurb
En ce qui concerne les jouets, l’excellent blogue signalé par Araignée http://www.crepegeorgette.com indique une fort intéressante étude par Fisher Price http://www.allomattel.com/documents… sur les ambiguïtés parentales.
Par pl4n3th
Ce qui me semble le plus décourageant, c’est de découvrir que de génération en génération rien n’avance vraiment.
Et puis il y a quelques jours, en faisant des recherches sur les rapport hommes / femmes, je tombe là-dessus :
http://books.google.com/books?id=c9…
À mon avis, c’est là que réside le fond du problème.
Quant à l’aspirateur, je confirme c’est mon ado mâle qui le manie le plus volontiers (mais fort peu souvent, tout de même) !
Par Cercamon
Huhu.
http://www.flickr.com/groups/856219…
Au début je croyais à un truc parodique genre Shelley the Republican ou Landoverbaptist, mais non en fait… o_0
Par Isabelle
Toutes mes excuses !
J’entends bien vos souvenirs et moi aussi j’ai joué avec un balai, je voulais juste suggérer de ne pas acheter de l’électroménager à des enfants (l’enlèverais les armes aussi), ils peuvent jouer avec les vrais objets avec leur mère ou leur père !
Par Olivier
Isabelle, quand je “m’insurge”, c’est souvent pas très sérieux :)
Par Cercamon
http://www.lemonde.fr/afrique/artic…
Par Lledelwin
Le plus flippant, c’est quand on entend ces arguments dans la bouche de femmes. Sur Dailymotion, lire les remarques sexistes de Nougatine ou de Hartline, c’est un grand moment de terreur glacée. Ou de rigolade…
Personnellement, j’ai développé une théorie sur l’origine de l’infériorité sociale des femmes suite à une engueulade à un repas de famille. Du coup, ça vaut ce que ça vaut : “l’homme domine parce que son timbre de voix plus grave lui permet de beugler plus fort et de faire passer son avis envers et contre tous. “
Par mirovinben
La théorie de la voix plus grave est intéressante mais, au regard de mon expérience personnelle, je ne suis pas convaincu que l’homme domine. Il en est persuadé et la femme n’a pas forcément besoin (ou envie) de l’en dissuader.
Et si l’on compare le mode d’emploi des ILs et celui des ELLEs, y’a pas photo. L’un est bien plus compliqué à lire, comprendre et mettre en application que l’autre.
En tant que vieux mec plutôt rugueux mais prévisible, je doit dire que ça, c’est profondément injuste.
Par Lledelwin
Mmmmh… Donc, dans ton raisonnement, Mirovinben, il y a ceux qui croient dominer et se remontent la culotte à deux mains, les hommes, et puis celles qui font semblant d’être dominées et manipulent en douceur à coup de carresses, de “mais oui, mais oui, mais en fait, tu sais très bien que tu veux ça au lieu de ça” et autres astuces… et qui sont celles qui menent véritablement le ménage à la baguette…
En fait, avec une telle lecture, on pourrait dire que la société française du XVIIIe siècle, elle est toute entière dominée par les enfants, les héritiers sans le sous et les domestiques : c’est toujours eux qui ont le dernier mot dans les comédies de Molière !
Par mirovinben
Je ne sais pas si ce que j’ai dit est un raisonnement car dans ce domaine comme dans d’autres très sensibles aux relations épidermiques, le raisonnement a difficilement sa place. Par contre c’est un sentiment très personnel que j’ai vis à vis, par rapport et contre (tout contre ?) les ELLEs de mon entourage.
Ce n’est pas une posture mais un sentiment profond. Quant au regard de la société et des machistes sur 50% de l’humanité, ce n’est pas mon problème… désolé.
Ce n’est pas mon problème dans le sens où je pense avoir quitté autant que possible ce machisme si communément partagé. Et le fait d’être issu d’une famille de 4 où la mère était à la maison et le père le seul à toucher un salaire a plutôt été un handicap supplémentaire.
J’essaye à mon petit niveau d’être le plus impartial, honnête et respectueux possible. J’avoue que le machisme m’arrangerait bien mais ne simplifierait pas forcément mes relations avec ELLEs.
Déjà que je ne suis pas forcément satisfait de ce que je vois dans le miroir, là, faudrait carrément me raser (?) dans le noir.
N’empêche que les ELLEs sont différentes des ILs. Et c’est bien, enrichissant, nécessaire voir vital. Et que l’égalité ne devrait pas être systématique mais n’être revendiquée et obtenue que dans ce qui ne devrait pas avoir de lien avec le sexe de la personne. Comme la reconnaissance professionnelle (salaires, avancement , respect), la religion, l’autonomie.
Je me sens profondément maladroit dans l’expression ici de mes convictions. Désolé.
Par Lledelwin
Ya pas de mal, je suis totalement d’accord avec toi, les filles, j’ai jamais pigé leur mode d’emploi. (on me souffle “plug and play”. Je crois qu’on se paie ma tête. Je crois que je me paie ma tête…)
…Ah, je suis aussi une fille ? Je suis sensée le connaitre, le mode d’emploi ? Je suis sensée être retorse et intuitivement empathique, une bête en relations humaines et une brêle en plomberie (la plomberie, je dis pas, mais le gâchage de mortier, ça m’éclate. Me parlez pas d’électricité, par contre, j’ai une frousse des court-jus depuis que j’ai mâchouillé un grillage à moutons)
…Breffouille. Je ne veut pas te jeter le pavé, déjà parce que je suis pas certaine de le lancer assez fort et assez loin et je vois pas spécialement pourquoi TU devrais avoir honte de ce que tu vois dans le miroir en te rasant (bon, bien sur, si un soir de beuverie, t’as fais le con avec un pistolet de tatoueur, mettons que j’ai rien dit).
Mais avancer que certaines s’arrangent pour diriger en douce en manipulant, que certaines sont plus compliquées, bizarre, étranges, (chiantes quoi) quand les autres sont droit, simples, compréhensibles, c’est un p’tit peu du véhiculage de clichés, non ? Fin bon, dans la catégorie “faut que tu lise ce bouquin, ça va t’ouvrir les yeux” que je trouve archi chiante chez les autres mais que je peux pas m’empécher de pratiquer quand même : “moeurs et sexualité en Océanie” de M. Mead où l’auteure, à la manière d’un Montesquieu qui s’intéresse à ce qui se passe à l’autre bout du monde pour critiquer ce qui se passe chez elle, va intéresser aux rôles et comportements sexués dans différentes ethnies de Nouvelle Guinée. Notamment à des gens qui sont l’exact reflet en miroir de la société américaine classique des années 50. En miroir parce qu’inversée : les hommes sont nerveux, coquets, jaloux, anxieux (chiants quoi) et les femmes sont de bonnes camarades, travailleuses, efficaces, franches, rentre-dedans, dragueuses, qui sortent le soir et taquinent le mec qui a le malheur leur route…
Par Cercamon
Sur le blog de Patric Jean un lien (et une explication) vers un petit film qu’il vient de réaliser (sur la “perception” des homos)… “amusant” o_O…
http://patricjean.blogspot.com/2009…
Par Gizona
Quel farce! LOL Vous me faites mourrir de rire! LOL
Par julia10
je vais peut etre en choquer quelques un mais je suis en partie (je dis bien en partie) d’accord avec certains hommes dans la video, on ne peut pas nier que les femmes se situent à une position inferieure des hommes sinon, elles n’essayeraient pas d’etre egal à egal avec eux, ils ont réussi à nous dominer et nous nous sommes laissés faire pendant un long moment. Meme aujourd’hui c’est encore le cas, par exemple, dans les films, ce sont toujours les hommes qui vont sauver les femmes, c’est rare quand c’est le contraire (la societe nous influence), de meme que au niveau de l’education, on dit souvent aux petits garcons : ” il faut que tu manges sinon tu vas etre faibles comme une fille” ou bien ” il faut que tu ais des gros muscles” ou ” joues à la guerre” alors qu’aux petites filles on leur dira: ” sois mignone, amuse toi avec tes poupons, tes barbies bratz’ (petasses) ” ou ” ah non ça c’est une tache pour les garcons ” , l’education est une cause très importante de ces inegalités !! C’est de notre faute! Meme les femmes disent ça à leurs enfants… et après on va reclamer l’egalité ! (ceci ne vaut que pour les pays occidentaux)
Donc pour qu’il n’y ait plus d’inegalité, il faut arreter de differencier les deux sexes, il faut arreter de dire que nous sommes differents, et ceci, dés l’enfance !
Et puis arretons de nous faire marcher sur les pieds (agissons aussi betement que les hommes, à la fois ça fonctionne ??? non ???), si on n’a pas le meme salaire que son collegue masculin alors on va rouspetter jusqu’a obtenir le meme salaire sans mettre en avant l’argument féministe habituel car, qu’on soit une femme ou un homme, on est ( tout simplement) un individu qui travaille autant pour l’entreprise X que les autres (point).
Par Mitternacht
Julia > Si j’ai bien suivi, en fait tu n’est pas du tout d’accord avec ces hommes, tu dis simplement que les femmes doivent se prendre en main au lieu de reproduire les schémas dégradants et les modèles représentés dans la société. Je suis d’accord avec toi. Mais prends garde à ne pas rejeter la faute entièrement sur les femmes : lorsqu’on se développe dans un environnement qui nous fit en permanence que nous valons moins qu’un autre groupe, inconsciemment on intériorise cette dévalorisation, et on se sous-estime.
Par contre, je pense que tu n’as pas bien compris ce que ces hommes disaient: eux pensent que l’inégalité entre hommes et femmes est fondée, et que les femmes n’ont donc aucune légitimité à se comporter à l’égal des hommes.
Je pense que ta conclusion sur les salaires est un peu naïve : rouspéter pour avoir une augmentation, c’est plus facile à dire qu’à faire, dans un environnement machiste. Les gens pensent à garder leur boulot avant de demander une augmentation.
Par mirovinben
<hors sujet on>
Mitternacht, tu as retrouvé le chemin de ton blog… Mon agrégateur (mais pas que) en est ravi :-)
<hors sujet off>
Ce commentaire biodégradable peut être supprimé sans désordre pour l’environnement.
Par SixOO
Bonjour, je viens de découvrir presque à l’instant ce blog qui m’a l’air passionnant. Alors j’apporte mon modeste témoignage. Dans ma famille, les hommes et les femmes travaillent. Et se marient (ou pas, d’ailleurs) selon leur convenance. Ça parait d’une absolue banalité. Certes on (ses professeurs) a proposé à ma grande sœur de devenir secrétaire/chômeuse quand il a fallu penser à une orientation, mais elle a préféré faire ce qui lui plaisait et accessoirement la ferait vivre, càd orthophoniste. Notons que moi je devais faire cadre sup’ et j’ai préféré être éducateur spécialisé. J’ai à mon travail une attitude qu’on pourrait (à tord) qualifier de maternante, mais tout ça n’est qu’une construction sociale digne des années 50. Je suis résolument hétéro, mais on s’en fout, ça n’a rien à voir. Je trouve que classer les individus en fonction de leur sexe est ridicule, que ce soit de la part des “discriminateurs” comme des militants (féministes ou “masculinistes”). Oui, il y a de réelles inégalités, c’est un fait et il faut les combattre. Et c’est précisément en scindant les hommes et les femmes en deux groupes distincts et luttant l’un contre l’autre qu’on n’y arrivera pas. Je vois qu’il est question de “discuter sur le fait que l’entraide serait ou non une attitude plus féminine que l’élimination du concurrent “. En 2010, ça me fait frémir. J’ai l’impression d’avoir fait un bond de 30 (au moins) ans en arrière.
Par finty
Ce commentaire a été supprimé car il est une insulte aux femmes et à tous les Chrétiens pour qui foi n’est pas synonyme de réaction et d’hétéropatriarcat. Finty, votre prétendu message d’amour est un message d’agression, de non respect de la liberté d’autrui ; vous m’avez blessée en tant que femme, et en tant que croyante. Je ferme les commentaires et je vous demande d’oublier l’url de ce blog.