Pour le retour du courrier des lecteurs

Nous autres occidentaux avons une tendance à classer les choses en deux catégories : les choses bien, et les choses pas bien. Et en général, c’est assez radical, au point que, par exemple, si l’on a un ami de droite, il convient en société de s’excuser en précisant qu’il est villepiniste, très ouvert d’esprit, et pour le mariage gay. Parce qu’être de droite, c’est pas bien.

Là, vous m’arrêtez en me traitant de sale gauchiste à tendance stalinisante. C’est juste que je n’ai pas fini ma phrase (je ne suis pas sale). Comme l’exemple ci-dessus le démontre avec brio, ça dépend de quel côté on se place. Certes, mais admettez que cela ne fait toujours que deux côtés, et que le côté d’en face est forcément pas bien.

Cette manie se manifeste sous sa forme la plus brute dans une des pires inventions du XXIe siècle : les commentaires sous les articles de journaux en ligne. Les commentateurs aiment passionnément faire rentrer les choses dans les cases bien et pas bien, et comme ils ne sont pas d’accord, ils s’écharpent à qui mieux mieux, tandis que les ceusses qui trouvent que deux cases, ça manque un peu de subtilité, ont déserté la place depuis longtemps.

Car s’il y a une chose que le commentateur déteste plus encore que ses adversaires du camp d’en face, c’est l’avis nuancé. Celui qui dit que Polanski n’est pas juste un génie du cinéma poursuivi par un psychopathe ou un immonde pédophile protégé par l’élite intellectuelle, mais que c’est une situation de droit complexe qui engage plusieurs acteurs. Celui qui dit que le communisme chinois n’est pas qu’une monstrueuse dictature liberticide ou … (ah non là le camp d’en face s’est évanoui dans la nature il y a quelques années), mais que ce régime autoritaire a tout de même fait entrer un pays dans la modernité et sorti une bonne partie de sa population de la famine et de la misère, et que sans lui notre mode de vie occidental ne serait pas ce qu’il est.

C’est très simple : si vous laissez un avis nuancé dans les commentaires d’un article, avis que vous aurez pris soin d’argumenter et de documenter, tout en préservant sa concision, il y a de fortes chances pour qu’il ne se passe rien du tout. Personne ne prendra la peine de vous lire, encore moins de vous répondre. Pourquoi ? Parce qu’il est impossible d’identifier en moins de deux secondes dans quel camp vous vous placez, si vous êtes ami ou ennemi. Tandis que si vous laissez un commentaire du genre “les soutiens à ce porc de mitterand sont ignobles !” (authentique) ou prêchez le retour de la peine de mort, vous avez toutes les chances de recevoir une bonne quinzaine de félicitations et d’insultes godwinisantes.

Nous avons tous une tendance naturelle à ce type de réaction. C’est une réaction d’humeur, pulsionnelle, humaine, l’expression de nos bas instincts. Il suffit en général de respirer un bon coup, d’attendre quelques secondes (ou quelques heures au besoin), pour retrouver l’usage de son cerveau et, sinon émettre un avis plus pondéré, au moins de s’abstenir. Tout le monde est capable de cela. Le problème se trouve plus, à mon avis, dans le principe même de commentaire que chez les commentateurs.

Par son côté immédiat, le formulaire de commentaire ouvre grand les bras aux réactions pulsionnelles et non réfléchies. Ensuite, ces réactions pulsionnelles et lapidaires suscitent d’autres réactions chez les membres du camp d’en face. C’est un cercle vicieux, auto-alimenté. À l’heure où j’écris, il y a 801 commentaires sur un article consacré à Frédéric Mitterand dans Libé. Ils sont tous plus consternants les uns que les autres. Et je ne parle même pas du sujet même de l’article (la lettre de témoignage, pas son bouquin), dont l’existence même pourrait faire l’objet d’un billet plus long que celui-ci encore.

Dans les journaux en ligne, les commentateurs n’apportent rien. Rétablissons le principe de courrier des lecteurs. En mettant un obstacle minime à la l’expression de la réaction, on est à peu près certain d’en éliminer 90% et d’assurer un minimum de qualité aux 10% restants. D’abord parce qu’il ne s’agit plus de faire savoir son indignation à la communauté des lecteurs, mais de s’adresser à une rédaction. Je pense que réduire drastiquement le lectorat potentiel du commentaire suffit à en annuler l’intérêt pour beaucoup de commentateurs qui cherchent avant tout la confrontation. Voilà pour 80%.

Ensuite, sur les 20% restants, la moitié va s’abstenir, parce que le délai nécessaire à la rédaction d’un email va leur donner le recul qui fait que l’on s’abstient quand on n’a pas les compétences requises pour porter un jugement équitable. Et l’autre moitié va mettre à profit la distance et le temps de l’écrit pour argumenter et/ou pondérer sa réponse.

Évidemment, je suis parfaitement libre de ne pas lire ces commentaires, et j’exerce ce droit assidûment. Mais je trouve excessivement dommage que ces commentaires soient considérés comme des archétypes de la modalité d’expression sur Internet, alors que tant de gens s’attachent à exposer sur leurs blogs des points de vue intéressants et réfléchis (qu’on soit ou non d’accord avec naturellement). À cause de tout le bruit que ces commentaires génèrent, on décrédibilise Internet comme médium d’expression. Or, c’est certainement le medium le plus démocratique, il est précieux et doit être traité avec respect. Au nom du rapport signal/bruit, fermez les commentaires des journaux, s’il vous plaît.

Commentaires

1. xethorn, le 11 oct. 2009

Il y a aussi des gens qui postent pour ne rien dire, ou tout du moins pour dire des choses qui n’ont aucun rapport avec le contenu. Comme par exemple, je suis heureux de voir que tu es de retour :)

Ok, je sors ->

2. Aggelos, le 11 oct. 2009

First !

3. Aggelos, le 11 oct. 2009

Il y a deux problématiques distinctes soulevées dans le fond de ton billet, et encore d’autres points levés par ton exemplum.

Le premier point est le devoir de réflexion et le besoin de modération.
Note que je parle de de devoir pour le premier et de besoin pour le second, parce qu’on ne traite pas de mêmes grandeurs.

Le devoir de réflexion en premier. Il est à noter que nous ne vivons pas dans une parfaite technocratie, technocratie au sens “les personnes qui dirigent sont les personnes compétentes pour prendre toutes les décisions pour les personnes dirigées”.
Si l’on admet que les personnes d’autorité (qu’elle soit de l’autorité “légale” ou de l’autorité intellectuelle) ne sont pas compétentes pour avoir un avis juste, alors il est du devoir de chacun de les critiquer et d’avoir son avis sur un sujet auquel il s’intéresse.
Simplement, l’esprit critique, bien que vertu acquise, n’est plus enseigné, ou n’est plus transmis, j’ai l’impression, de nos jours. La discipline même qui devrait le transmettre aux jeunes esprits, la philosophie, est galvaudée, et on apprend à nos têtes blondes qu’ils ne peuvent exprimer une idée sur un sujet que si elle est un amalgame de citations d’autorités philosophiques. (ie : va avoir une bonne note au bac sans aucune citation en philosophie, même si ton développement intellectuel est brillant)
Ajoute à cela la paresse créée par une société post romaine où l’on applique encore le panem et circenses, et tu crées un contexte intellectuel global dans lequel la majorité pensante se suffit d’une seul source d’actualités (et non pas d’informations), et tu créées une société de “l’emporte pièce”.
C’est une paresse intellectuelle étendue qui est à nos pieds, et que tu fustiges d’ailleurs.
Mais comment dire simultanément à une société “Faites vous un esprit critique ! Documentez vous ! Abordez le sujet sous plein de sens différents !” et “Consommez de la télé réalité pour nous faire de l’espace de cerveau”. Le résultat que je vois, c’est que de nos jours, le consensus dit qu’arte c’est bien, parce que ca fait bien de dire qu’arte c’est bien, mais que personne ne regarde parce que c’est considéré comme chiant.

Par contre, le besoin d’une position morale est différent. La critique raisonnée d’un sujet doit pouvoir donner une position raisonnée sur le sujet, eg pour Polanski : si on a compris que l’affaire est du ressors de la justice, qui n’est pas morale (et merci pour ca), la seule position raisonnée est de laisser le sujet entre les mains de la justice.
Par contre, avoir une, position morale est autorisée. Je peux considérer par exemple que je n’ai pas à décider si oui ou non Polanski doit être jugé, mais me dire que c’est quand même un gros connard.
Et la aussi, il y a plusieurs motifs à ce besoin. J’en cite deux : “Les tièdes, je les vomis de ma bouche” et “La meilleur façon pour que la mal gagne c’est que les gens de bien ne fassent rien”.
La position morale se pose comme un devoir de décision dans un cadre ou la raison est dépassée, parce qu’un attentivisme beat ne ferait qu’aggraver la situation, ou au pire ne règlerait rien.

Maintenant, reste le sujet du medium d’expression.
D’une part, je commence à raler dans ma tête parce qu’une boite à commentaires, c’est trop petit (j’aurais du écrire à coté et faire un copier coller).
D’autre part… Le web est non seuelement un fast food de l’information (comme tu le soulignes), mais ce n’est pas la première raison de ce “bruit de commentaires”.

La première raison est simplement que le comportement médian de l’internet est une exaltation de l’égotisme. On ne poste pas un commentaire pour discuter de l’information, comme sur un forum, on poste pour être lu.
Et à cette fin, soit on alpague quelqu’un ayant un avis tranché, soit on ne lit pas et on cherche à attirer l’attention (c’est la base du troll)

Bref, m’est avis que celui ou celle qui veut réellement discuter d’un sujet doit encore, de nos jours, le faire à l’ancienne : contacter l’auteur, ou entrer dans des cercles de réflexion (ou des cafés philosophiques).

Au final, je te retrouve sur ce que tu dis, note.

4. Aggelos, le 11 oct. 2009

Tiens, en voyant la forme de mon commentaire, je me fais cette reflexion : il y a un problème de mise en page dans les journaux en ligne et les blogs: si l’avis des lecteurs était réellement important, les commentaires ne devraient pas avoir l’air d’être “confinés”…

5. NiKo, le 11 oct. 2009

Un problème sous-jacent est que la plupart de ces plateformes cherchent encore aujourd’hui un mode de financement et de rentabilisation, qui passe généralement par la publicité (les offres d’accès premium et autres abonnements ne rencontrent pas un succès suffisant, semble t-il, et je trouve cela personnellement dommage - tout travail, même journalistique et a fortiori bien fait, devrait trouver juste rémunération par ceux qui le consomment).

Toujours est-il que proposer des commentaires à la suite d’un article déjà un peu sensationnaliste permet d’attiser le besoin de réaction, de déclencher un passage à l’acte commentatoire auprès des lecteurs, et de générer à peu de frais de la page vue, donc de la pub vue, donc des sous. C’est absolument sordide mais c’est comme ça. On pense que les frais engagés par la modération des commentaires sont alors conséquents mais, et c’est là où le bât blesse, peu d’investissements sont généralement consentis à cet égard, rentabilité oblige. Et les plateformes rechigneraient de toute façon à tuer la poule aux oeufs d’or, car si 10% des lecteurs s’affligent de lire lesdits commentaires, 90% les consomment sans rechigner, parfois en y prenant un plaisir même pas coupable.

Rentabilité, le mot est lâché ; je pense que tant que ces supports d’information n’auront pas trouvé un mode de subsistance compatible avec une sélection de l’information pertinente et en phase avec une certaine notion de l’éthique, on continuera à voir fleurir ce genre de systèmes permettant de se faire fournir du contenu incitatif à bas coût par les consommateurs de ces mêmes contenus.

Et puis on oublie un truc, c’est que dans la vraie vie du vrai monde, tout le monde n’a pas un bac +5 et une capacité d’abstraction et d’analyse de l’information et des media permettant de produire des échanges de la qualité minimum qu’on serait en droit d’attendre sur des sujets parfois sensibles… J’ai toujours cette image tenace, lorque je lis les commentaires d’un journal ou d’un blog un peu courtisé, d’un immense Café des Sports mondial, au zinc duquel seraient accoudés des centaines de milliers de philosophes de comptoir, chacun capable de prendre la parole à son tour, quand bon lui semblerait. Inévitable cacophonie. La démocratie, en vrai, c’est insupportable ; mais faut pas le dire parce que la démocratie, c’est bien™.

Aggelos> Techniquement, ce que tu cherches s’appelle un trackback, même si je trouvepour ma part que c’est un bien piètre moyen de distribuer une conversation efficacement (au même titre que twitter d’ailleurs, soit dit en passant).

6. Mitternacht, le 11 oct. 2009

Niko > Merci pour ton point sur l’aspect “rentabilité” des commentaires, tu mets effectivement le doigt sur leur véritable raison d’être.
Pour ce qui est de la comparaison avec le Café des Sports, c’est tout à fait ça. Maintenant, je pense que les véritables indécrottables sont une minorité, et que c’est encore une affaire de contexte et de temps. Tout le monde, ou bien la grande majorité, est capable de réfléchir, encore faut-il lui en donner l’occasion, l’envie, le temps et l’espace. Il ne s’agit pas nécessairement de faire une analyse approfondie de telle ou telle situation, mais plutôt de reconnaître que les choses ne sont pas aussi nettes qu’elles le semblent à première vue.

Aggelos > Une petite chose : la philo n’est pas plus galvaudée maintenant qu’auparavant. Elle n’est enseignée qu’à ceux qui choisissent de s’y consacrer entièrement, et ça a toujours été le cas. Je doute que la proportion de gens qui s’intéressent à la philosophie ait beaucoup changée depuis son invention. En outre, l’étude de la philosophie n’est en aucun cas nécessaire pour se forger un esprit critique ou pour que celui-ci ait une quelconque valeur. C’est à mon avis bien plus une question d’attention à notre environnement.

7. Cercamon, le 11 oct. 2009

Ha non ! Je veux pas qu’ils ferment les commentaires sur lefigaro.fr ! Avec des potes nous colligeons les plus délectables (ou émétiques, c’est selon l’état d’esprit du moment).

Remarque, les commentaires, si c’est pas à celui qui va sortir la plus grosse énormité, ça va être à celui qui cherche à montrer qu’il dit le truc le plus “intelligent”… Expérience pour vérifier : évoquer un sujet de “connaisseur” dans une note (musique classique ça marche très bien ça, ou quelque fois la bière ^^)
Snobisme ou beaufitude, même combat ! (sans moi si possible, hein ;)

8. Clochix, le 11 oct. 2009

En lisant ton billet, je me suis fait la réflexion que les sites n’étaient pas près de fermer les commentaires, car ils leur permettent d’augmenter leur nombre de pages vues. A se demander d’ailleurs si certains sites ne cherchent pas avec des appeaux à troll à simplement générer du buzz et des rentrées publicitaires. Mais NiKo a traité cet aspect mieux que je n’aurais su le faire, merci à lui.

Ensuite, je ne suis pas aussi catégorique que toi. Sur certains sites, certains commentaires apportent encore une vrai valeur : corrections et précisions des informations de l’article par exemple. Je pense par exemple à Rue 89 où les articles sont souvent mis à jour suite à des réactions. Malheureusement, au fur et à mesure que le site gagne en notoriété il attire de plus en plus de trolls qui étouffent tout commentaire constructif. Libé en est un exemple flagrant.

Certes ta solution de réponses par courrier pourrait s’appliquer dans ce cas, mais je doute que beaucoup de gens fassent l’effort d’envoyer des mails, parce qu’ils n’ont aucune certitude que quiconque lira leur contribution, et que celle-ci ne pourra pas contribuer à la construction de leur réputation, puisqu’elle ne sera pas publique.

Enfin, pour ce qui est de la crédibilité d’Internet, je crains malheureusement que les gens qui cherchent à décrédibiliser ce média trouveront toujours des exemples pour appuyer leurs thèses, fermer les commentaires n’y changerait pas grand chose.

9. raph, le 11 oct. 2009

Alors le courrier des lecteurs, ce n’est pas toujours si bien que ça. Dans le journal où je bosse, ce sont toujours les 4-5 mêmes qui écrivent, et ce ne sont pas les gens les plus mesurés du monde.
Clochix> Justement pour les raisons énoncées dans ce billet, je ne pense pas qu’on puisse parler de “crédibilité d’internet” parce qu’on ne peut pas considérer internet comme un tout, à part techniquement.

10. raph, le 11 oct. 2009

D’après Pratchett, l’intelligence d’une foule est inversement proportionnelle au nombre d’individus qui la composent. Y a pas de raisons qu’Internet échappe à cette règle.

11. giz404, le 11 oct. 2009

Ce que j’aime, dans le système de commentaires immédiat, c’est la facilité de commenter et la spontanéité qu’il en résulte.
Par exemple là, je ne me serai pas pris le temps de rédiger un mail, par simple fainéantise…

Je trouve que la modération a posteriori des commentaires par les autres lecteurs est une solution séduisante : elle n’empêche pas le commentaire “avec les tripes” (qui parfois est intéressant, reconnaissons-le), mais permet au fur et à mesure des vues de ne garder que le meilleur de la conversation. (ou au moins de masquer le pire…)
Bon, il se pose ensuite le problème des “clans” ou des trolls qui vont pourrir ce système, ou du niveau d’intelligence collective qui fait remonter les saletés à la surface (suffit de voir ce qui ressort des Digg et consorts.)

C’est vrai que cette boite est trop petite !

12. xethorn, le 12 oct. 2009

@giz404: ton idée de modérer les commentaires des autres est intéressante mais j’ai peur qu’à la longue on arrive dans un système de bulle.

Plus de détails ici: http://silent-strength.com/carnet/4…

13. Baptiste, le 12 oct. 2009

Le mieux c’est encore de ne pas être connu… Sur mon blog à moi, personne ne laisse de commentaires, à moins de n’avoir un truc vraiment important à dire.

C’est sur qu’au niveau revenus publicitaires je gagne pas grand chose

14. xethorn, le 12 oct. 2009

@Baptiste: ce n’est pas tant une question d’être connu mais plutôt une question de thèmes abordés. Si tu touches un point sensible du point de vue sociétaire, tu risques d’avoir des réactions variées.

15. Jean-Michel, le 14 oct. 2009

Ton article résume mon avis. Quel développement, bravo !

Je pense que les journaux en ligne modèrent avant publication ou trouvent un système de prémodération (déjà le fait d’obliger à ouvrir un compte diminue le commentaire impulsif).

Car sur certains sujets les partisants (extrémistes) politiques et syndicalistes profitent pour désinformer volontairement (déjà que c’est pas joli du côté des journalistes) ou faire du troll.

16. nap, le 15 oct. 2009

“au nom du rapport signal/bruit, fermez les commentaires des journaux, s’il vous plaît.”

parfois on se dit aussi que…
au nom du rapport vote/bêtise, il faudrait peut-être fermer la démocratie…

m’enfin,
@+

17. Tobu, le 17 oct. 2009

Avec un peu de modération arbitraire et venue d’en haut, on peut retirer quelque chose des commentaires de gros sites. Comme ce que fait rue 89, et (je crois) Gawker.

Mais pour un site vraiment populaire, laisser une adresse e-mail, et (pour certains sujets au cas par cas), un petit encouragement signalant aux personnes qui ont été impactées par cette actualité qu’on s’efforcera de publier leurs messages, suffit. Après on sélectionne et on met en valeur, et ça sert aussi d’exemple. C’est ce qu’a la BBC. Ils ont aussi une modération complète assez bien faite avec have your say ( http://news.bbc.co.uk/2/hi/talking_… ).

Sinon, pour attirer des commentaires parmi les plus pourris du web, il y a la méthode youtube: un champ sans prévisualisation tout près de la vidéo, limitant le contexte aux dix derniers messages, garantira un maximum de répétitivité.

18. FrédéricLN, le 24 oct. 2009

D’accord avec l’article. J’ai renoncé à rue89 à cause des commentaires, et je ne lis pas ceux de Libé.

Cependant le mail au journal n’est pas le même exercice que ce commentaire qui est vraiment une réponse publique à l’auteur et aux précédents commentateurs, bref, participer à une conversation.

J’imagine que la combinaison préinscription + préfiltrage permettrait d’améliorer l’espace commentaires.

Le préfiltrage consisterait à retarder (pour modération a priori) la publication des commentateurs très prolixes …

… ou peut-être aussi, retarder la publication si les commentaires antérieurs de la même personne ont été mal notés par la rédaction / ou : par les autres lecteurs moyennant validation par la rédaction.

19. pingouin grincheux, le 1 nov. 2009

Très franchement, les “grands” journaux ont une ligne éditoriale bien définie, avec une connotation politique bien affirmée pour la pluspart. Il est donc normal, en lisant tel ou tel, de s’attendre à des partis pris ou ds angles de traitement de l’info particulier et établis.
Je te rejoins parfaitement sur le point des commentaires “contestataires” qui n’apportent rien car il ne s’agit pas de forums d’échanges mais bien de commentaires.
Sur tous ces sites “engagés” et positionnés, complètement d’accord, les commentaires n’apportent absolument rien…

Merci d’avoir partagé cette réflexion avec nous !