Ce sont des petits malins les gars qui ont décidé de donner le Prix Nobel de la Paix à Barack Obama. Évidemment, à première vue, on peut trouver ça un poil abusé. Habituellement, les méthodes de pacification américaines ne sont pas véritablement considérées comme des oeuvres pour la paix mondiale. Mais si on réfléchit deux secondes, il se pourrait bien que ce soit l’idée du siècle. Je m’explique.

Déjà, quand on est Prix Nobel de la Paix, ça la fout super mal d’attaquer l’Iran, donc on réfléchit à deux fois avant de faire n’importe quoi. Ensuite, quand on débarque dans une réunion genre avec des Israëliens et des Palestiniens, être Prix Nobel de la Paix c’est se rapprocher du chevalier Jedi, façon “Ce n’est pas la guerre que vous cherchez” (ne pas oublier les jolis petits mouvements de la main).

Surtout, être président des États-Unis en exercice ET Prix Nobel de la Paix, ça donne une vache de responsabilité. Vas-y coco, on croit en toi, tu vois, tu es notre sauveur, maintenant, on veut du concret. Sinon t’auras vraiment l’air d’un couillon aux yeux des gens maintenant et de l’Histoire plus tard.

De par sa fonction, ce type a effectivement un pouvoir concret sur un certain nombre de situations complexes et meurtrières dans le monde. Lui dire que la communauté internationale a confiance dans sa capacité à s’en servir pour le bien, je trouve que c’est une excellente chose. Si tu dis à une fillette de 8 ans qu’elle a le potentiel d’une grande pianiste, elle a plus de chances de devenir Martha Argerich que si tu lui répètes sans cesse qu’elle ne progresse pas assez vite. Or, depuis le début du mandat de ce cher Barack, on ne cesse d’entendre les gens dire “Héhé, finalement ce Obama il est pas si bien qu’on a voulu nous faire croire, y a toujours des guerres dans le monde”. Comme s’il suffisait de claquer des doigts pour transformer les lobbyistes américains en enfants de choeur et les talibans en sociaux-démocrates.

Bonne chance Barack, y a du boulot, mais moi je crois toujours en toi.