Je n'ai pas l'intention d'en faire trouze mille mots, mais le concert d'hier soir m'a laissée par terre. Je mets très rarement les pieds dans des salles de concert, et celui-là je l'avais choisi pour les pièces et le chef : le Concerto pour violon de Sibelius et la Symphonie No 4 de Brahms, deux pièces que j'aime beaucoup, surtout la deuxième, c'est une vieille histoire entre elle et moi.

Et puis aussi c'est pas souvent qu'à Paris on peut voir des chefs comme Myung-Whun Chung qui est formidable. Le violoniste aussi, Nemanja Radulovic, le jeune et abondamment chevelu prodige serbe au 46 prix (dont une prestigieuse Victoire de la musique classique :p), est drôlement doué. J'ai l'impression qu'il lui a fallu un mouvement et demi pour vraiment rentrer dans le truc, mais je ne lui en tiendrai pas rigueur vue qu'après il m'en a foutu plein les oreilles et qu'il a l'air vachement sympa comme bonhomme. Et ce n'est pas en comparant tous les violonistes à Anne-Sophie Mutter et Yehudi Menuhin que je vais faire progresser la musique.

Myung-Whun Chung

Mais cette Quatrième de Brahms. Whun Chung, oulala tu en as fait quelque chose d'incroyable. Du vrai grand Brahms, tendu, passionné, étreint, retenu, superbe. J'adore cette symphonie pour toutes les raisons que je viens de donner, et tu les as portées très haut. L'Orchestre philharmonique de Radio-France a vraiment eu l'air de te suivre avec un grand bonheur, un bonheur communicatif (personne ne voulait te laisser partir après une telle prestation).

Encore une fois, merci, cette interprétation a dépassé mes espérances.