Il y a une jolie chanson que j'aime beaucoup, All the night without love d'Elvis Perkins. Ce jeune homme fait de la nouvelle scène américaine, vous savez, le genre de gars qui raconte qu'il a commencé dans un garage, qu'il a fait les petits clubs, tout ça, c'est une aventure avec des potes, et c'est tellement beau New York la nuit, et faire 2000 bornes tout seul sur des routes désertes, ça c'est la vraie vie, parce que la beauté, tu vois, elle est partout. Le genre de gars, quand il est interviewé dans des magazines de rock trendy en anglais, y a une belle photo avec du grain, un mur de briques derrière, un escalier en fer, un chien qui passe, il regarde pas l'objectif et on dirait qu'il s'habille que dans les friperies (je parle pas du chien, là).

Ecce la chanson.

Le problème, c'est que je comprenais environ rien du tout à la chanson, sauf le dernier couplet, que je trouvais très joli, et qui participait beaucoup à la présence récurrente de ladite chanson dans mon lecteur. Finalement, j'ai été chercher le texte sur un site, et là j'ai compris. En fait, je comprenais le texte, mais c'était tellement nimp que je pouvais pas croire que je comprenais.

We walked the aisles aimlessly
With our kills painlessly
And we go all the night without love
In the darkened lonely corners
Where we place our drive-thru orders
And we go all the night without love
Without love

"Touch me" the graphic reads
On the magnetic athletic insole
She lets it go all its life without love
And can you imagine going to
“Got milk? dot com”
Do you go all the night without love
Without love

Well I once caused your cells to shimmer
And you once caused my cells to shimmer
Now we go all the night without love
Without love…

En fait, si le début me semblait cryptique mais sans plus, j'ai commencé à tiquer sur "magnetic athletic", en me disant que c'était le signe indubitable d'une tentative de poésie à l'américaine (entendez, j'emploie des mots compliqués parce que je réfléchis, tu vois je crois pas tout ce qu'on me dit à la télé). Mais j'espérais que le texte me donnerait la clé de ce deuxième couplet en me disant ce qui était magnétique et athlétique. Déception. Et plus ça va, pire c'est. J'ai même été voir gotmilk.com pour avoir la révélation. C'est un très joli site en flash qui dit que le lait, c'est bon pour la santé, et que c'est des vaches qui le fabriquent.

À ce moment précis, j'ai totalement renoncé à comprendre le sens de cette chanson. Peut-être que Raph y arriverait, il est très fort pour ça. Je continue d'écouter All the night without love, mais maintenant ça me plonge dans la perplexité. Je dois être totalement hermétique à la poésie urbaine à l'américaine.