Absolument magnifique. Finalement, ce n'est pas au Vatican qu'il faut chercher les pires créationnistes réactionnaires (pour rappel, c'est dans les grandes plaines américaines).

Le Vatican est plein de gens cultivés (on ne leur enlèvera pas ça) qui se posent d'édifiantes questions sur notre monde. Un des grands jeux des longues veillées hivernales consiste à interpréter la chose scientifique pour savoir si, oui ou non, elle remet la foi catholique en question. Si les moins dégénérés d'entre eux n'ont globalement pas trop de problèmes avec Darwin, il y a quand même des questions plus épineuses, et celle qui nous intéresse aujourd'hui — merci Mulder, merci Scully — concerne l'éventualité de la présence des petits gris (si vous avez regardé trois épisodes des X-files dans votre vie, vous savez qu'ils ne sont pas verts).

Et bien c'est un Jésuite (oui oui oui, pourtant c'est généralement pas les plus progressistes), monsieur José Gabriele Funes qui s'y est collé, et ses réponses sont pour le moins brillantes. J'aime beaucoup comment il associe une conviction indéfectible à un sens aigu du « Pourquoi pas », en s'appuyant sur l'un de ses principes de base (c'est là qu'il fait preuve d'un grand bon sens à mon avis) : « nous ne pouvons pas poser de limites à la liberté créatrice de Dieu ».

Si vous avez la flemme de lire l'interview complète sur Courrier International, sachez que ce monsieur s'appuie d'abord et avant tout sur les recherches astronomiques pour défendre l'hypothèse d'une vie extraterrestre, puis sur Saint-François d'Assises (le gentil canonisé qui prêchait aux oiseaux et aux poissons) pour dire qu'ils sont nos frères, et enfin sur la parabole de la brebis égarée pour émettre l'idée que les petits gris (et les grands mauves, point de sectarisme) n'ont peut-être pas besoin d'être rédemptés, qu'ils sont restés en super bons termes avec leur Créateur, si bien que si ça se trouve, la brebis égarée, c'est nous.

Merci encore José pour cet instant de poésie très « I want to believe ».