"L'extraterrestre est mon frère"
Par Mitternacht le dimanche 25 mai 2008, 10:12 - Minute oecuménique - Lien permanent
Absolument magnifique. Finalement, ce n'est pas au Vatican qu'il faut chercher les pires créationnistes réactionnaires (pour rappel, c'est dans les grandes plaines américaines).
Le Vatican est plein de gens cultivés (on ne leur enlèvera pas ça) qui se posent d'édifiantes questions sur notre monde. Un des grands jeux des longues veillées hivernales consiste à interpréter la chose scientifique pour savoir si, oui ou non, elle remet la foi catholique en question. Si les moins dégénérés d'entre eux n'ont globalement pas trop de problèmes avec Darwin, il y a quand même des questions plus épineuses, et celle qui nous intéresse aujourd'hui — merci Mulder, merci Scully — concerne l'éventualité de la présence des petits gris (si vous avez regardé trois épisodes des X-files dans votre vie, vous savez qu'ils ne sont pas verts).
Et bien c'est un Jésuite (oui oui oui, pourtant c'est généralement pas les plus progressistes), monsieur José Gabriele Funes qui s'y est collé, et ses réponses sont pour le moins brillantes. J'aime beaucoup comment il associe une conviction indéfectible à un sens aigu du « Pourquoi pas », en s'appuyant sur l'un de ses principes de base (c'est là qu'il fait preuve d'un grand bon sens à mon avis) : « nous ne pouvons pas poser de limites à la liberté créatrice de Dieu ».
Si vous avez la flemme de lire l'interview complète sur Courrier International, sachez que ce monsieur s'appuie d'abord et avant tout sur les recherches astronomiques pour défendre l'hypothèse d'une vie extraterrestre, puis sur Saint-François d'Assises (le gentil canonisé qui prêchait aux oiseaux et aux poissons) pour dire qu'ils sont nos frères, et enfin sur la parabole de la brebis égarée pour émettre l'idée que les petits gris (et les grands mauves, point de sectarisme) n'ont peut-être pas besoin d'être rédemptés, qu'ils sont restés en super bons termes avec leur Créateur, si bien que si ça se trouve, la brebis égarée, c'est nous.
Merci encore José pour cet instant de poésie très « I want to believe ».
Commentaires
I believe i can fly !
(Galilée en aurait été jaloux)
Note : il n'a pas jugé pertinent de cité ce pauvre Giordano Bruno (http://fr.wikipedia.org/wiki/Giorda...). Remarque, c'était peut-être parce que c'était un dominicain ? ^^
Et si les Extra-solaires étaient Musulmans ?
Cercamon > drôlement intéressant, je connaissais pas.
No' > oui, tu as raison, tous les catholiques sont des intégristes qui veulent bouffer du musulman. Un peu comme tous ces laïcs qui veulent bouffer du curé.
J'avais lancé "musulman", comme j'aurais pu dire "athée" ou "boudhistes" ou "animistes"... C'était histoire de mettre en doute l'universalité du catholiscisme. Nous nous sommes longtemps pensés centre de l'univers, ne faisons pas la même erreur en imaginant que les peuples extra-solaires aient emprunté les mêmes chemins philosophiques.
Ceci dit, l'histoire de Giordano Bruno, je connaissais, et on ne peut décemment pas en vouloir à l'autorité religieuse actuelle des aveuglements passés. Bon, ils ont attendu le XX° siècle pour concevoir que la terre fusse ronde. Il n'est jamais trop tard pour bien faire.
En revanche, là, on tient vraiment un sujet de film passionnant !
Comme une bio d'Évariste Galois. Là, ce serait un film encore plus rock&roll que n'importe quel Tarentino.
No' > verstanden. Mais au vu de ce que raconte le monsieur, qui est directeur de l'Observatoire du Vatican, je pense qu'il sera d'accord avec moi et pas mal d'autres pour dire que le Dieu des cathos est le même que celui des autres, donc tout cela n'a pas vraiment d'importance. Étendre la fraternité aux peuples des autres systèmes présuppose de l'avoir étendue à toute l'humanité. Il ne dit pas que les autres peuples croient aussi en un Dieu unique, il dit qu'il les reconnaît comme faisant partie de la création, et qu'il est possible qu'eux vivent en accord avec Dieu, c'est-à-dire en paix.
En fait j'aime bien la démarche de ce type parce qu'il cherche justement à dépasser le catholico-centrisme : certes, c'est un mode d'interprétation du monde, mais chez lui ça reste ouvert, il donne un caractère très universaliste au texte, qui devient une métaphore, un outil d'interprétation, et non plus un livre d'histoire comme chez certains de ses collègues. Anyway, là je suis un peu fatiguée, pis toi et moi on sait très bien que ça pourrait durer longtemps cette conversation. On se la met sous le coude pour un week-end estival ?
Hello Mitt,
content de te voir à nouveau sur les ondes.
Dans les années 70 (je sais, c'est vieux...), un auteur de science-fiction avait publié la nouvelle "le triptyque de Khor". En substance : une mission sur une planète lointaine échoue. On envoie un gars pour rescuer tout ça. Il trouve le précédent gars cramé, et deux tableaux d'un triptyque dans le coffre de la Twingo du gars. Le premier montre un bébé galactique dans une étape galactique avec un boeuf et un âne galactique, et des rois mages itou. Le deuxième montre le même, devenu grand, qui se fait taper par des romains galactiques en portant une croix en cristacier. D'où le grand schisme.
Et la grande question de la nouvelle, c'est "est-ce que notre Seigneur Jésus Christ (prononcer Jésus Crie) s'est incarné partout dans le cosmos, chez les petits gris comme chez les picon-bière, pour rédempter tout le monde en même temps, tarif de gros et compagnie ?"
La nouvelle apportait une réponse, mais bon, chacun la sienne ;-)
Tient, j'allais faire la même remarque que Cernamon. Bruno aussi, il pensait que la liberté créatrice de Dieu n'avait pas de limite (et que donc l'univers ne devais pas en avoir non plus) et ça lui a pas spécialement réussi. Enfin, sauf si on considère qu'un destin de mergez vivante est un aboutissement de carrière qui fait envie
Bonjour, y a -t-il un livre a se sujet? ou d'autres écrits? Je peu vous témoigner de l'existance de nos frères car j'ai moi même a 9 reprises vu des engins bien réél, un est resté une heure au dessus de chez moi tout le monde a pu le voir, le dernier en 1998 a trois mètres de moi.