La guerre, c'est nul, mais après y a les Armistices et les jours fériés qui vont avec. J'ai donc pu aller courir les bois, les monts, les vallées bleues, les prés et les fleurs, mais aussi les lacs, pendant trois belles journées qui m'ont également valu de changer de couleur.

En bonne parisienne inculte, je n'avais jamais vu les Alpes en vrai, sauf quand j'étais toute petite, et le souvenir est assez vague (ça ressemblait à une pub Milka). J'ai eu beaucoup de chance, parce qu'il a fait un temps superbe, qu'il y avait encore plein de neige pour décorer, et que j'étais guidée par Jack Bauer, ce qui est foutrement classe, vous en conviendrez. J'ai pu constater une fois de plus que je suis totalement fascinée par la nature dès lors qu'elle est sauvage. Ce qui, quand je suis dans mon environnement normal et bétonné (que j'aime beaucoup), n'est pour moi qu'une évidence de la biologie, m'apparaît quand j'ai les deux pieds dedans comme un parfait miracle, et la contemplation des perce-neige me plonge dans la béatitude. Les bestioles qui me dérangent quand même un peu quand je les trouve chez moi au moment d'aller me coucher, deviennent des bijoux sur pattes. Je fais attention à la moindre pâquerette (surtout qu'il y en a des jaunes là-bas, c'est ça le véritable exotisme) et je prends des photos de boutons d'or parce qu'ils sont beaucoup plus gros qu'au Parc de Bercy.

Au bout d'un moment, je relève aussi la tête et je suis complètement saisie par la toute-puissance du minéral. Les Alpes, c'est quand même impressionnant, surtout s'il a fallu grimper sur des sentiers improbables pour les voir mieux, et pic-niquer au bord d'un lac inopinément gelé en ce début mai c'est tout bonnement merveilleux.

Le lac Bénit gelé Boutons d'or Lac Bénit - vu de haut Canards à Annecy Depuis le Pont de la Caille les Alpes depuis le sommet du Môle Perce-neige sur le Môle D'autres Alpes :p

Alors la Haute-Savoie, c'est peut-être pas le bout du monde, mais ça suffit largement à me dépayser. Et puis zut, comme je suis arrivée par Genève, j'ai passé deux fois la frontière, et je suis restée assez longtemps en Suisse pour : constater qu'ils utilisent de la véritable Helvetica (oui oui, moi je trouve ça drôle) dans leurs gares, voir une affiche nationaliste crabeurk en vrai, ce qui fait franchment bizarre, traverser le Lac Léman et me dire que quand même les Genevois ont de grosses voitures.