Dernier jour à Avignon
Par Mitternacht le vendredi 25 avril 2008, 23:13 - Promenades - Lien permanent
En attendant mon panini steak hâché, j'écoute un très beau gauchiste vieille école1 qui explique, assez fort pour qu'on l'entende, que ce deuxième Hitler va mettre tous les ouvriers à la rue, que la France, ce sera plus que pour les bourgeois, et qu'on va droit à la guerre civile, là, ce sera bien fait. Y a des gens comme ça qui entretiennent des traditions, rien ne se perd, c'est touchant.
Ça fait du bien de sortir de Paris. Pour ça, et pour le soleil aussi. Il commençait à me manquer furieusement.Ça faisait tellement longtemps que j'en avais pas vu que j'avais oublié qu'il suffisait d'une petite heure au moment idoine de la journée pour attraper un beau coup de soleil souvenir dans le haut du dos. Moi qui ai passé, pendant des années, tous mes étés dans le Sud, je me suis faite avoir comme une touriste néerlandaise. Ça pique un peu, mais ça rend heureux. Je rentre demain, mais sans regrets. Plein de choses et de gens m'attendent à Paris, et puis j'aime bien prendre le TGV et arriver Gare de Lyon.

J'ai changé de café, et après l'anarcho-syndicaliste, voici l'universitaire. Petit, sec, les cheveux courts et gris, le pantalon en velours, les lunettes rectangulaires, la pipe. Il lit Dynamique de la schizophrénie. Partir toute seule, ça voulait aussi dire prendre le temps de regarder autour de moi, sans m'imposer aucune contrainte. Faire une seule chose à la fois. On voit mieux les autres quand fait que ça, c'est comme la musique. J'ai aussi fait plein de photos, j'en mettrai une dans une galerie ces prochains jours. C'est marrant d'ailleurs, la dernière fois que j'ai mis des photos en ligne, c'étaient des photos d'Avignon sur mon compte Flickr. Il faut croire que cette ville est très photogénique. Ou que les moments que j'y passe ont une saveur particulière.
1. Du genre "mon arrière-grand-père s'est battu pour la journée de huit heures", pas un lecteur de Télérama élevé au bio qui roule en moteur hybride.
Commentaires
Si j'osais faire mon chieur, je dirais qu'on dit pas "à Avignon" mais "en Avignon", mais je le dirais pas, hein ? :p
Et moi j'ai toujours dit que chanter "Sur le pont en Avignon", ça se la pète grave, mais ... rien en fait, ça se la pète grave.
Xave > nan, parce que le «en» remplace «à», il en remplace pas «de».
(Enfin à moins que ta version à toi chante «Sur le pont à Avignon», auquel cas c'est juste que tu ne connais pas la chanson...)
C'est vrai que là où je suis, y'a pas tellement d'anarcho-syndicalistes...
On se demanderait presque s'il y a des syndiqués.
Esther > Si si agad : http://www.clickjapan.org/Histoire_...
Et puis quand ils veulent, les Japonais savent protester, enfin surtout contre la Chine ;) Ils ont fait un honorable grabuge au passage de la flamme à Nagano visiblement...
Pour ce qui est d'Avignon : je suis très à cheval sur pas mal de principes de notre langue complètement tordue. Entre autres, je suis une maniaque des questions typographiques. Mais la maniaquerie s'arrête exactement, comme le dit Xave fot à propos, là où "ça se la pète grave". "En Avignon", c'est au-dessus de mes forces. J'ai essayé, chu pas capable.
t'es une fille bien. :)
Pour ça que je fais tâche dans les soirées littéraires. Plutôt que critiquer l'emploi inégal des diérèses est des diphtongues, et que, là, bon, il y aurait gagné à mettre un chiasme l'ami Cabrel, je préfère trémousser mon corps sur la chanson, même si elle est mauvaise.
Surtout s'il y a de l'alcool, remarque.
Pour ça que le pont qu'il soit de, en, à, l'important, c'est qu'on y danse hein ? :p (avec un beau "y" comme on le fait bien à Grenoble)
Mitt> L'année prochaine on y va pour le festival et si je me débrouille bien on fera les fins de soirées avec les acteurs. Ca te va ? :p
Esther> Ca n'a pas de sens les syndicats dans une société a peine transposée de sa féodalité dans laquelle le patron a un statu quasi divin. On est syndicaliste lorsqu'on s'estime porteur d'une vérité plus absolue sur la définition du bonheur des travailleurs. Si tu es culturellement conditionné a penser que la vérité absolue est donnée par celui qui te gouverne...