En attendant mon panini steak hâché, j'écoute un très beau gauchiste vieille école1 qui explique, assez fort pour qu'on l'entende, que ce deuxième Hitler va mettre tous les ouvriers à la rue, que la France, ce sera plus que pour les bourgeois, et qu'on va droit à la guerre civile, là, ce sera bien fait. Y a des gens comme ça qui entretiennent des traditions, rien ne se perd, c'est touchant.

Ça fait du bien de sortir de Paris. Pour ça, et pour le soleil aussi. Il commençait à me manquer furieusement.Ça faisait tellement longtemps que j'en avais pas vu que j'avais oublié qu'il suffisait d'une petite heure au moment idoine de la journée pour attraper un beau coup de soleil souvenir dans le haut du dos. Moi qui ai passé, pendant des années, tous mes étés dans le Sud, je me suis faite avoir comme une touriste néerlandaise. Ça pique un peu, mais ça rend heureux. Je rentre demain, mais sans regrets. Plein de choses et de gens m'attendent à Paris, et puis j'aime bien prendre le TGV et arriver Gare de Lyon.

Avignon - Palais des Papes

J'ai changé de café, et après l'anarcho-syndicaliste, voici l'universitaire. Petit, sec, les cheveux courts et gris, le pantalon en velours, les lunettes rectangulaires, la pipe. Il lit Dynamique de la schizophrénie. Partir toute seule, ça voulait aussi dire prendre le temps de regarder autour de moi, sans m'imposer aucune contrainte. Faire une seule chose à la fois. On voit mieux les autres quand fait que ça, c'est comme la musique. J'ai aussi fait plein de photos, j'en mettrai une dans une galerie ces prochains jours. C'est marrant d'ailleurs, la dernière fois que j'ai mis des photos en ligne, c'étaient des photos d'Avignon sur mon compte Flickr. Il faut croire que cette ville est très photogénique. Ou que les moments que j'y passe ont une saveur particulière.

1. Du genre "mon arrière-grand-père s'est battu pour la journée de huit heures", pas un lecteur de Télérama élevé au bio qui roule en moteur hybride.