La Vie secrète des mites

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Juillet

Il fait mi-moche, mi-tiède, le soleil se montre une fois par semaine, les rues de Paris sont vides, les kiosques à journaux sont fermés, les boutiques de fringues bradent leurs stocks invendables (mais c'est pas parce que c'est moins cher que c'est moins moche), ma tension est tombée à -3, pas de doute, c'est juillet. S'il n'y avait pas les gens sympas qui ne partent pas (ou alors pas tout de suite) en vacances et avec qui on peut partager un curry, on pourrait presque trouver ça déprimant.

Pour combattre la morosité latente et la baisse du pouvoir d'achat, regardons un robot-mouton.

Carte scolaire et logique élémentaire

Parce que j'ai aussi ouvert un blog pour y mettre les choses qui m'agacent au lieu de bassiner les gens qui sont autour de moi quand je m'énerve toute seule.

Résumé de l'article de Rue89 découvert ce matin (je vais aussi arrêter de lire ce truc c'est de plus en plus nul) : une élève du XIIIè arrondissement a été affectée de force dans un lycée pourri de Paris (merci aux journalistes sans imagination qui nous ressortent tous les ans le classement des établissements scolaires) alors qu'elle voulait aller à Fénelon faire allemand troisième langue. Scandale mes amis.

Pour aller vite, de nos jours on est affecté dans un lycée après avoir émis des voeux, comme quand on choisit sa fac. Donc, en gros, j'imagine qu'un bon 50% des listes des élèves de troisième ressemblent à ça :

  1. Henri IV
  2. Louis le Grand
  3. Fénelon
  4. Un lycée assez cool à moins de 5 stations de métro sans correspondance s'il-vous-plaît, où on m'a dit que le cappu de la machine à café était super bon.

Or, il est impossible de faire rentrer tous les élèves de troisième de Paris dans trois lycées seulement, ou même sept si on extrapole le dernier voeu. Et on peut également en déduire que certains lycées ne sont jamais demandés par les élèves.

Il faut donc bien, à un moment donné, ramener ces jeunes gens à la dure réalité des choses en appliquant le principe du vase communiquant, ceci afin de remplir les lycées vides et de ne pas faire de classes de 75 élèves à Fénelon (ce qui scandaliserait également les parents d'élèves, une espèce dont il faut se méfier comme de la peste dès la maternelle).

Le rectorat a donc ajouté automatiquement, dans la liste de voeux de certains élèves, des lycées caca-boudin où les élèves se battent et se droguent. Et comme les premiers voeux ne pouvaient pas être satisfaits, paf, affectation décevante.

Mes chers enfants, si vous aviez demandé des lycées normaux, vous auriez eu gain de cause. Vous avez voulu écouter les conneries élitistes dont on nous rabat les oreilles depuis que le Bac existe, ça vous apprendra. Pour les questions d'options, ben c'est comme ça, ça arrive. En première S, j'ai dû choisir entre les sciences expérimentales et le latin ; étant donnée la taille respectable de mon lycée de l'époque (2500 élèves) et mes deux langues vivantes, je n'ai pas été choquée, j'ai laissé tomber les sciences ex et j'ai bien fait (même si on rigole bien en TP).

Enfin, sachez que dans tous les lycées de France et de Navarre, on se bat et on se drogue. Oui, y compris à Henri IV. Sauf que dans ce lycée, certains élèves collent également des autocollants « Vive le Roi » joliment fleurdelysés dans les chiottes, et moi j'aimerais vraiment pas que mes enfants subissent ça.

Compte-rendu bruxellois

  • La viande reconstituée, frite dans l'huile, c'est vachement bon. Surtout si on a très faim. Et la réputation des frites belges n'est en rien usurpée.
  • Bruxelles, ça me rappelle ce que j'aimais dans Montréal et des petits détails des maison anglaises que je trouvais irrésistibles. Cette ville est un concentré de choses faites pour me plaire. J'en suis de plus en plus convaincue, et pourtant il pleut tous les jours depuis une semaine.
  • Des nuits de dix heures, ça faisait bien trois siècles que j'en avais pas faites. Comme je n'ai pas l'habitude, je me réveille quand même plusieurs fois entre 6h00 et 10h00, ce qui fait que je peux méditer sur tous les rêves étranges que je fais depuis quelques temps, ces rêves fleuves, uniques, complexes et scénarisés, qui nous laissent pleins d'émotions mêlées au réveil. La seule chose que j'arrive à conclure de tout ça : mon inconscient, certainement inspiré par le BTP bruxellois, a entrepris de grands travaux.
  • En parlant de BTP justement, Xave nous avait prévenus, nous avons pu le constater : Bruxelles est une ville en chantier. Le plan des lignes de tram que nous avons récupéré aujourd'hui, publié le 30 juin, n'est valable que jusqu'au 30 août, et la place que nous avons traversée sans problème le jour de notre arrivée ressemble aujourd'hui à un cratère sillonné de rails.
  • Le mois qui s'en vient me semble une éternité, pourtant avec tout ce qu'il y a à faire, je ne vais pas le voir passer. De la paperasse, des cartons bien sûr, mais surtout des tas de gens à voir, parce qu'en dépit de nos invitations répétées, je sens qu'il y en a certains qui vont me manquer.

Pis vous faites quoi pour les vacances ?

— Bah on déménage, comme prévu
— Ah bon ?
— Ben oui, on va à Bruxelles, ça fait un moment qu'on le dit
— Ah mais je croyais que c'était un projet, moi. C'était sérieux alors ?
— Oui, c'était un projet. Maintenant c'est un bail de trois ans dans le plus mieux de tous les apparts belges de la terre.

appart.jpg

Je saurais pas vous dire à quel point je suis contente. On a trouvé l'appart qu'on voulait, dans le quartier qu'on voulait, dans un immeuble comme on voulait, et le tram passe tout près. Tout ça quelques heures à peine après être descendus du Thalys. La semaine qu'on devait passer à faire des visites va donc être consacrée à l'arrosage de la bonne nouvelle et à diverses autres réjouissances tel mon inéluctable vieillissement annuel.

J'embrasse très fort Bruxelles et la Belgique pour ce coup de bol fantastique. S'il y a des Belgiennes ou des Belgiens qui lisent ce blog, n'hésitez pas à remplir les commentaires de « Moi je connais un endroit c'est trop génial pour boire des coups et manger des trucs bons ». On a quelques guides sur place déjà, tantine, cousins, frangin, copaing, mais pour l'instant le seul trajet qu'on arrive à faire sans se perdre c'est Gare du Midi > maison de ma tante. Autant dire qu'on a beaucoup à apprendre.

Je vous laisse, je retourne trépigner de bonheur en poussant des petits cris ridicules.

Heureux événement

Thomas Beatie a accouché hier d'une petite fille, tout le monde se porte bien, merci à la science de faire parfois le bonheur des gens, vive le XXIe siècle (ça va comme ça ?). Si vous n'aviez pas suivi cette histoire, éclaircissements par là.

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