La Vie secrète des mites

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En mai, tes poumons prendre l'air fais

La guerre, c'est nul, mais après y a les Armistices et les jours fériés qui vont avec. J'ai donc pu aller courir les bois, les monts, les vallées bleues, les prés et les fleurs, mais aussi les lacs, pendant trois belles journées qui m'ont également valu de changer de couleur.

En bonne parisienne inculte, je n'avais jamais vu les Alpes en vrai, sauf quand j'étais toute petite, et le souvenir est assez vague (ça ressemblait à une pub Milka). J'ai eu beaucoup de chance, parce qu'il a fait un temps superbe, qu'il y avait encore plein de neige pour décorer, et que j'étais guidée par Jack Bauer, ce qui est foutrement classe, vous en conviendrez. J'ai pu constater une fois de plus que je suis totalement fascinée par la nature dès lors qu'elle est sauvage. Ce qui, quand je suis dans mon environnement normal et bétonné (que j'aime beaucoup), n'est pour moi qu'une évidence de la biologie, m'apparaît quand j'ai les deux pieds dedans comme un parfait miracle, et la contemplation des perce-neige me plonge dans la béatitude. Les bestioles qui me dérangent quand même un peu quand je les trouve chez moi au moment d'aller me coucher, deviennent des bijoux sur pattes. Je fais attention à la moindre pâquerette (surtout qu'il y en a des jaunes là-bas, c'est ça le véritable exotisme) et je prends des photos de boutons d'or parce qu'ils sont beaucoup plus gros qu'au Parc de Bercy.

Au bout d'un moment, je relève aussi la tête et je suis complètement saisie par la toute-puissance du minéral. Les Alpes, c'est quand même impressionnant, surtout s'il a fallu grimper sur des sentiers improbables pour les voir mieux, et pic-niquer au bord d'un lac inopinément gelé en ce début mai c'est tout bonnement merveilleux.

Le lac Bénit gelé Boutons d'or Lac Bénit - vu de haut Canards à Annecy Depuis le Pont de la Caille les Alpes depuis le sommet du Môle Perce-neige sur le Môle D'autres Alpes :p

Alors la Haute-Savoie, c'est peut-être pas le bout du monde, mais ça suffit largement à me dépayser. Et puis zut, comme je suis arrivée par Genève, j'ai passé deux fois la frontière, et je suis restée assez longtemps en Suisse pour : constater qu'ils utilisent de la véritable Helvetica (oui oui, moi je trouve ça drôle) dans leurs gares, voir une affiche nationaliste crabeurk en vrai, ce qui fait franchment bizarre, traverser le Lac Léman et me dire que quand même les Genevois ont de grosses voitures.

Séance diapos

J'ai mis quelques photos de mon séjour à Avignon en ligne dans la galerie Avignon - Avril 2008. Ça n'a pas été facile, je trouve pas ça idéal, mais c'est une solution tout à fait acceptable en attendant que je bidouille un truc plus mieux (pour que le contenant soit mieux que le contenu, des fois ça fait illusion).

Ahem. On prend les mêmes et on recommence, c'est bien trop lourd le bidule. On va faire plus simple.

Les photos ont essentiellement été prises autour du Palais des Papes à Avignon (les canards sont ceux du Jardin des Doms) et à Villeneuve-lès-Avignon, qui abrite l'impressionnante Chartreuse Notre-Dame du val de Bénédiction et une église collégiale entre autres beautés.

Avignon - Pont Saint Bénezet Avignon - Palais des Papes Un canard au Jardin des Doms Un autre canard du même Jardin Poissons dans le Jardin des Doms Avignon - Palais des Papes Avignon - Palais des Papes Avignon - Palais des Papes Avignon - Palais des Papes Avignon - Palais des Papes Avignon - Palais des Papes Avignon - Palais des Papes Villeneuve - Église effondrée de la Chartreuse Villeneuve - Chartreuse - Jardin du Procureur Villeneuve - Petit cloître de la Chartreuse Villeneuve - Petit cloître de la Chartreuse Villeneuve - Chartreuse - Jardin d'une cellule Villeneuve - Grand cloître de la Chartreuse Villeneuve - Grand cloître de la Chartreuse Villeneuve - Plafond de la Chapelle de la Chartreuse - Fresques de Matteo Giovannetti Villeneuve - Cloître de la Collégiale Villeneuve - Cloître de la Collégiale Villeneuve - Fort Philippe Le Bel Iris sur les hauteurs de Villeneuve Villeneuve - cour

Dernier jour à Avignon

En attendant mon panini steak hâché, j'écoute un très beau gauchiste vieille école1 qui explique, assez fort pour qu'on l'entende, que ce deuxième Hitler va mettre tous les ouvriers à la rue, que la France, ce sera plus que pour les bourgeois, et qu'on va droit à la guerre civile, là, ce sera bien fait. Y a des gens comme ça qui entretiennent des traditions, rien ne se perd, c'est touchant.

Ça fait du bien de sortir de Paris. Pour ça, et pour le soleil aussi. Il commençait à me manquer furieusement.Ça faisait tellement longtemps que j'en avais pas vu que j'avais oublié qu'il suffisait d'une petite heure au moment idoine de la journée pour attraper un beau coup de soleil souvenir dans le haut du dos. Moi qui ai passé, pendant des années, tous mes étés dans le Sud, je me suis faite avoir comme une touriste néerlandaise. Ça pique un peu, mais ça rend heureux. Je rentre demain, mais sans regrets. Plein de choses et de gens m'attendent à Paris, et puis j'aime bien prendre le TGV et arriver Gare de Lyon.

Avignon - Palais des Papes

J'ai changé de café, et après l'anarcho-syndicaliste, voici l'universitaire. Petit, sec, les cheveux courts et gris, le pantalon en velours, les lunettes rectangulaires, la pipe. Il lit Dynamique de la schizophrénie. Partir toute seule, ça voulait aussi dire prendre le temps de regarder autour de moi, sans m'imposer aucune contrainte. Faire une seule chose à la fois. On voit mieux les autres quand fait que ça, c'est comme la musique. J'ai aussi fait plein de photos, j'en mettrai une dans une galerie ces prochains jours. C'est marrant d'ailleurs, la dernière fois que j'ai mis des photos en ligne, c'étaient des photos d'Avignon sur mon compte Flickr. Il faut croire que cette ville est très photogénique. Ou que les moments que j'y passe ont une saveur particulière.

1. Du genre "mon arrière-grand-père s'est battu pour la journée de huit heures", pas un lecteur de Télérama élevé au bio qui roule en moteur hybride.