On pourrait dire que je blogue quand j’ai rien de mieux à faire. Ce n’est pas totalement faux, mais c’est incomplet. Je blogue aussi (et surtout, mais j’essaie de remédier un peu) quand je suis contrariée. Par exemple, là, je voudrais bien appeler à un grand mouvement schismique.
Je ne parle que du Christianisme dans ce billet mais j’approche les autres religions monothéistes sous le même angle. Et comme je les connais moins, je préfère me taire plutôt que de dire des bêtises.
Je suis croyante mais pas catholique. Je me reconnais dans le Christianisme mais je ne suis baptisée nulle part parce que je suis incapable de faire partie d’aucun groupe que ce soit (syndicat étudiant, parti, même les associations j’y arrive pas, c’est pathologique), et surtout, les constructions politiques sont pour moi incompatibles avec Dieu. Vous vous en foutez totalement, mais c’est pas forcément évident à vivre au quotidien d’accorder une valeur au baptême sans pouvoir se faire baptiser. Mais ce n’est pas le propos.
Je respecte totalement ceux qui adhèrent à une religion et en suivent les préceptes, chacun vit ça comme il veut tant qu’il n’essaie pas de convaincre les autres par la force. Je dis par la force, parce que je n’en veux pas aux Témoins de Jéovah, convaincus de l’arrivée prochaine du Jugement dernier, de vouloir essayer de sauver leurs prochains le dimanche à 9h du matin. Je ne suis pas d’accord avec leur façon de voir, je la trouve limitée. Mais ça les regarde et leur démarche part d’une bonne intention.
Là où ça se gâte, c’est que selon moi, le libre-arbitre est ce qui fonde l’être humain dans sa spécificité, et que tout l’intérêt de l’homme dans une perspective divine réside justement dans son libre-arbitre. Donc, je ne supporte pas l’idée de dogme, d’interprétation “officielle” des textes, et toute cette sorte de choses. Or, le catholicisme se spécialise dans la paperasserie depuis le concile de Nicée. Un jour, des gens se sont réunis pour créer une version officielle du Christianisme, alors que jusque là les Chrétiens se promenaient par petits groupes gentils et, parfois, se faisaient manger par les lions parce que c’était la mode à l’époque. Et depuis, ça continue. On accumule les encycliques et les bulles, des gratte-papiers glosent et exégèsent à qui mieux mieux pour expliquer aux fidèles comment il faut croire. On met en place une hiérarchie de gens supposés savoir mieux que les autres par quel bout il faut prendre les Évangiles et les Épîtres. Cette démarche repose sur des choses fort peu chrétiennes en vérité : l’orgueil et la soif de pouvoir temporel. Elle commet également une autre erreur fondamentale : elle suppose que c’est par la connaissance que l’on s’approche de Dieu, alors que dans le Christianisme c’est par le coeur (si ça vous branche je développe dans un autre billet, dans lequel je réhabiliterai le pauvre Judas).
Tout ça pour dire que selon moi (voyez si je suis la diplomatie aujourd’hui) le principe de religion organisée, hiérarchisée et dogmatique va à l’encontre de la foi. L’idée qu’il y ait des prêtres, des moines et des nonnes, par contre, ne me pose aucun problème. Choisir de consacrer sa vie à Dieu est un acte courageux et admirable. Mais le rôle de ces gens n’est pas d’imposer une façon de penser à qui que ce soit.
En général, c’est là qu’Aggelos arrive pour dire que je suis protestante. Non, je ne suis pas protestante. Je te réexpliquerai encore une fois, en privé, parce que les gens s’en fichent un peu.
Je pourrais ignorer totalement les agissements de l’Église catholique puisque je ne reconnais pas sa légitimité. Mais en tant que chrétienne ça me fait mal au ventre d’entendre les insanités émises par le Vatican depuis quelques temps. Ces discours sont non seulement intégristes et réactionnaires, ils sont également dangereux. L’absolu chrétien, c’est avant tout l’amour sans faille pour son prochain, la compassion illimitée, le pardon, l’assistance, le don de soi. Ces notions semblent totalement absentes des motivations papales. Il y a des vies à sauver, il y a des millions de personnes qui souffrent dans le monde, des millions de gens en danger. Le rôle de l’Église, si elle doit en avoir un, est uniquement de soulager ces personnes, leur venir en aide. Le Vatican et la hiérarchie catholiques semblent indévissables, mais alors qu’ils remplissent leur mission : travailler activement à la résolution des conflits, soigner les malades et prévenir les épidémies, prendre soin des orphelins des conflits, nourrir et abriter les pauvres, soutenir les détenus dans les prisons. Je l’ai dit, je suis contre l’idée de cette organisation. Mais elle pourrait enfin trouver un sens.
Les propos du Pape ont une vertu : mettre en évidence à quel point les autorités catholiques se fourvoient. Il est temps de mettre un terme à cette institution dans sa forme actuelle. La religion chrétienne n’est pas une religion d’exégètes, c’est une religion de gens qui vont à la rencontre des autres. Que les évêques, les archevêques et les cardinaux fassent leur travail au lieu de se complaire dans leur belle robe. Il va falloir mettre les mains dans le cambouis, et vite. Les intégristes et les réactionnaires ne sont pas la majorité des catholiques. En imposant cette image abjecte, le Vatican salit ce que beaucoup de croyants ont de plus précieux : leur foi. J’invite les catholiques à déposer leur Pape, et à prouver au monde qu’ils refusent qu’on pense à leur place.